La vraie austérité


Tu croises du monde de différents milieux. Tu jases avec eux autres, ou mieux, tu les fais jaser. Ils ont l’air fatigués, que tu remarques. Épuisés, plutôt. Quand tu ouvres la porte, ils te disent ce qui ne va pas.
Ça parle d’incertitude.
Ça parle d’un printemps difficile, d’un automne qui sera bien pire.
Ça parle de postes coupés, de collègues disparus, de fuites impossible à calfeutrer.
Ça dit que c’est ça, la vraie austérité. Ça dit que c’qu’on dit pas, quand on parle de l’austérité à la tévé, c’est la façon dont ça coince dans la gorge quand c’est juste à côté de toi que ça tombe, ou pire, quand c’est juste sous tes pieds que c’est coupé.
Ça veut pas pleurer, ça retient le moton. Ça dit que ça voudrait bien prendre la rue, mais que quand soudainement tout le monde a les jambes amputées, c’est pas facile de sortir. De marcher. Même ensemble.
Tu te dis que crisse, t’as pas fini d’avancer à tâtons dans ce monde-là. Il commence juste à faire sombre.


Ça veut pas se perdre


Quelques uns ont des noms qu’on reconnaîtrait, si on s’y connaissait un peu. Mais tous ont le visage qui s’efface dans la pénombre. La salle est bondée, les tables sont poussées autour d’un coeur de chaises qui palpite au centre de la pièce. Les genoux se retroussent pour que les talons frappent. Et que les archets se dressent, d’abord pêle-même, hérissant la pièce de crin luisant qui se défile dans les reflets des lumières faiblardes.

Ici on frotte quelques cordes, là on les pince. Ici on souffle, là encore on gonfle des accords, un instrument sur le genou. On rit un peu, on parle un peu, on cherche son verre, mais on agence surtout quelques notes qui pourraient ressembler à quelque chose, quelques notes qui ont tout l’air de se suivre, mais qui se suivent pour vrai, finalement. Et ça se produit. Un reel est en train de naître que plusieurs ont reconnu, que plusieurs ont eu envie de porter. On s’est compris et on embarque.

C’est ce moment que je préfère. Quand ça joue, ou quand ça écoute, ou quand ça apprend, attentif au moindre mouvement, pianotant sur le manche pour laisser le geste venir avant le véritable jeu.

Ce moment, quand la musique oublie d’être un spectacle pour juste prendre toute la place. Quelque chose du rituel, du sacré. Nos derniers chamanes ont des violons bien accordés.

Ce moment. Quand ils s’effacent, quand je m’oublie avec eux – moi l’incapable, l’impuissant, le charmé. Quand leur musique nourrit. Qu’elle est enfin là pour exister, comme si c’était pour de bon. Puis qu’on a plus le choix d’exister avec elle.

C’était comme ça, ce soir, au Crapo, à Saint-Jean-de-Matha. Une belle soirée de même, ça veut pas se perdre. Comme la musique qui était jouée là. Comme moi, comme nous tous au fond.

Ça veut pas se perdre.

On veut pas que ça se perde.

 

 

Crapo-Jam-trad

 

 


Ces yeux-là


Je te trouve drôle de me regarder avec ces yeux-là quand tu apprends ce qui m’arrive.

Quand je te décline toutes les nuances d’une clutch et la science des rétrogradations multiples.
Quand je te parle avec une sorte de désir masochiste des rigueurs de la vie de camionneur.
Quand je te dis que j’étais rendu là.

Que j’étais rendu là.

Je te trouve drôle de me regarder de cette manière-là quand je t’en parle pour la première fois. Je l’sais bin que c’est pas méchant. C’est juste comme si tu cherchais quelque chose de caché derrière mes histoires de freins, de poids, de cargaisons, de matières dangereuses, de routes, de Nord, de matins bleus.

Et pourtant.

Pour une fois, je te parle avec des mots honnêtes. Des mots qui veulent rien cacher, qui veulent juste être témoins, t’sais. Dire des affaires. Parler de ce qui existe pour vrai. Les mots du bruit, de la fatigue, du mouvement. Les mots qui veulent se couler contre une sorte de réalité. (Et saoule-moi pas encore avec l’incapacité patente du langage d’aborder le réel.)

Quand je te parle d’adhésion sociale, de la nécessité de se sentir utile, de faire partie de ce monde, c’est étrange les yeux que tu me fais. Tu comprends pas trop ce sourire qui me fissure la face. Tu voudrais peut-être que je te dise en secret que tout ça, c’est un constat d’échec. Sauf que non, c’est pas ça. Ç’a rien à voir.

Si tu comprenais, tes yeux s’éclaireraient aussi. Un sourire comme le mien te ferait la face d’est en ouest, un sourire qui se mesurerait en miles. Tu saurais que c’est juste une preuve de liberté, au fond. Une vraie preuve de liberté. Que si un poète peut être assez libre pour casser sa plume et aller vendre des armes en Afrique, je peux devenir camionneur. Me semble. Partir en truck en écoutant le vieux Raccourci de Dany Placard.

Ce dont je suis certain aujourd’hui, c’est que j’aurais pas pu continuer d’écrire en faisant semblant de vivre, tout seul dans mon coin, en-dehors du monde. C’est ça que je voudrais te dire, que je voudrais que tu comprennes, quand tu me regardes avec ces yeux-là.

En fait, je pense que je n’ai jamais été aussi proche de l’écriture que maintenant. J’ai envie d’écrire tes yeux qui comprennent pas toujours, d’écrire mon sourire qui sait pas dire assez, d’écrire cette envie d’écrire que je n’ai plus eue depuis longtemps et qui me revient enfin.

ces-yeux-la

Dans l’entre-deux d’un double down-shift, sentir l’éternité qui se condense dans l’instant, et voir enfin tout ce que j’ai peut-être encore à dire.

T’embarques si t’as envie. Sinon, je continue ma route sans toi, pis c’est correct aussi, je t’en voudrai pas. J’vais te r’garder me faire ces yeux-là dans mes grands rétroviseurs, jusqu’à ce que tu disparaisses avec la prochaine courbe. Qui sait? Je te retrouverai peut-être sur le chemin du retour.


Quelque part dans le Nord


Une image dans ma tête.

Quelque part dans le Nord, une route de glace, un paysage de toundra : des vortex de neige soulevés dans le néant blanc, pis des épinettes un peu chnues, comme des griffes sorties du décor. Le ciel est bleu-blanc pour s’agencer avec le vide ensoleillé.

À gauche, mon corps d’homme debout. De proche, j’aurais les joues rouges, du givre dans la barbe et les cils collés par la glace. Mais je me vois de loin. Je suis planté là, le tronc un peu penché dans le vent, les membres qui cherchent le chaud.

À droite, en face de moi, à distance respectable, ce que je regarde. C’est une bête rutilante et chromée, immobile. Un camion immense devant moi, mais petit pareil dans le paysage trop grand.

Fait frette.

Je trouve ça beau.

J’ai jamais aimé autant le vent qui fouette.

Demain, je vais grimper dedans, m’asseoir au volant, respirer fort. On va s’apprivoiser.

On va finir par.

S’apprivoiser.

Je l’aime déjà.

J’vous l’avais pas dit. La semaine passée, j’ai terminé ma session de cours théoriques en camionnage. C’était intense, un peu lourd, souvent drôle. J’ai appris beaucoup avec les gars. Beaucoup. Du concret, encombré d’huile, de diesel, de freins qui glacent, des flancs de pneus balounés. Du vrai, épicé d’histoires de truckeurs, d’histoires de route, d’histoires de truckstops. Vous savez bien. Des histoires.

Ça fait que demain, j’embarque sur le truck, comme on dit. Pour de vrai. J’vous dis pas l’excitation. Cette espèce de crainte respectueuse devant la bête. Le monde a pu l’air d’exister autour.

J’ai hâte de la toucher. Hâte qu’elle m’avale. Qu’elle me transporte.

Mais je profite de ce moment juste avant.

Juste avant.

Pour ressentir tout ça profondément. Pour lisser cette image dans ma tête. Qu’elle y reste longtemps.


«T’as l’air heureux»


«T’as l’air heureux.»

Il vente frette parce que l’air est humide. Le sable nous poivre le visage. Je me tourne vers lui pour me rendre compte que j’ai le sourire étalé sur la moitié du visage.

Je le connais pas. Lui non plus, ne sait pas grand chose de moi. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on sort de la même salle de cours. Qu’on va tous les deux finir en arrière d’un volant.

Le prof qui vient de nous laisser sortir est un chic type, un bon diable ce Dan. Un vrai camionneur. Et surtout, c’est un conteur qui s’ignore. Quand il nous conte ses voyages, il a cette langue colorée des gens qui ont du vécu. On se doute bien qu’il en met un peu, par bouts. C’est bin correct – j’avoue que je l’encourage. Il est de ceux qui transforment le moindre détail en une histoire pas possible. Je pouvais pas aborder ce milieu de plus belle façon.

Les moteurs grondent sur le terrain derrière. Un type recule son camion-remorque tout blanc. Une belle ligne droite, pratiquement sans hésitation, jusqu’au quai de chargement. D’ici une couple de semaines, ça va être notre tour.

Le gars à côté de moi dans le stationnement est pas bavard. Moi non plus, c’est vrai. Mais on parle un peu, quand même. On respire le vent. Et c’est là qu’il me le dit.

«T’as l’air heureux.»

C’est la première fois, je pense, qu’un inconnu me dit ça. Pis que c’est vraiment vrai, en plus. C’est ce que je dégage depuis le début de la semaine? Je trouve que c’est pas mal pantoute. Pas mal pantoute.


Au volant d’un Tonka


T’auras jamais vu ça venir. Pourtant, c’était là.

Quand j’étais p’tit cul, je poussais des Tonka en-dessous du garage chez ma grand-mère avec mon cousin Éric, des heures interminables à vrombir en stéréo. La poussière d’une journée de sable sur nos p’tits corps clairs, c’était de la job pour notre grand-mère qui se mettait dans une colère retentissante quand on entrait par l’entre-deux qui menait directement dans sa cuisine.

Dans les mêmes années (mon époque Shérif, fais-moi peur!), j’ai joué pas mal aux petites autos. Y’avait des chemins dans la cour, dans mon lit, dans la chambre entre les pattes du lit et le coin de la commode, sur la rampe de l’escalier, partout où je posais les yeux. J’avais un camion préféré, et dans la belle corvette noire que je faisais rouler à côté, j’imaginais toujours une brune aux cheveux longs avec des verres fumés. Elle pis moi, on se suivait dans l’herbe devenue une forêt, pis elle me trouvait dont impressionnant dans mon beau camion.

À peu près à la même époque – mais peut-être pas, des fois ça se mélange dans ma tête, ces affaires-là – l’aîné de mes oncles avait repris les affaires familiales, entre autres la flotte des autobus scolaires du secteur, quelque part dans les terres de la Côte-du-Sud. Je me souviens vaguement être monté à bord tandis qu’il faisait sa run. Sauf que peut-être qu’on me l’a juste raconté, que je l’ai imaginé, que j’ai intégré tout ça comme un beau souvenir. Un dans l’autre, ça vaut la même affaire, c’est précieux dans mon p’tit coeur tout croche.

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour toute la trâlée de mes oncles, en fait. Ils ont tous eu leur moment de gloire dans ma tête, chacun pour une raison qui lui est propre. Mais je me souviens avoir été particulièrement impressionné, à une certaine époque de ma vie, de savoir que l’un d’entre eux travaillait à l’usine de trucks Kenworth, à Sainte-Thérèse. Moi, je faisais semblant de connaître ça, et je disais à tous les p’tits gars du coin que c’était les meilleurs trucks du monde. J’avais même une affiche de camion sur mon mur, une belle grosse machine blanche – pas loin du poster de Julie Masse qui jouait l’aguicheuse, couchée dans une espèce de suite à paillettes roses. J’étais à cet âge où un gars est poigné entre le goût des camions et celui des madames.

Ah, pis ado, j’ai eu un bon chum de gars, l’Pot, grand gaillard qui travaillait chez Peterbilt VTL, à Saint-Louis-du-Ha-Ha. Il astiquait les véhicules, les garait côte-à-côte tellement proches que les chauffeurs devaient avoir de la misère à rentrer dedans. C’était beau de voir sa job quand on passait sur la grand-route. C’était beau de voir comment il en était fier quand il m’en parlait.

Quand j’étais au cégep, j’ai étudié toute une année à Québec, mais j’avais une brune encore au Témiscouata. Pratiquement toutes les fins de semaines, je faisais l’aller-retour en autobus pis je les trouvais chanceux, les chauffeurs, d’être toujours par les chemins. Je regardais la route qui se traçait devant, j’aimais ça. J’écrivais des histoires qui se passaient dans les terminus, du monde qui se croisait pis qui se revoyait jamais.

Pis des fois, aussi, quand je vivais à Québec, je partais pour rien. Je prenais le 87, puis le 7, j’allais au bout du trajet et je revenais. Juste parce que j’aimais ça. L’ambiance bleue, le soir. Et le mouvement.

Je le sais pas ce qui fait qu’un matin, t’as soudainement le goût de foutre le bordel dans ta vie. Je me souviens même pas quand c’est arrivé pour vrai, ce doute-là, le spasme de lucidité qui m’est venu, m’a fait comprendre que ça irait jamais mieux tant que je ne changerais pas moi-même les choses. Qu’être rédacteur pigiste, ça paierait jamais plus que de la soupe à l’eau. Que j’avais pas d’avenir tracé là. Mais t’sais, la Bible nous dit qu’il faut faire fructifier nos talents. Ça me hachure le coeur depuis tellement longtemps.

Je suis de même, qu’est-ce tu veux. Tout arrive dans ma vie en prenant son temps.

Mardi, j’ai invité l’Amoureuse à dîner. C’est elle qui a payé, comme de raison, parce que moi, j’ai jamais une cenne. Quarante-cinq minutes, que ça m’a pris, avant de m’ouvrir enfin la gueule pour lui dire ce que j’avais de poigné dans la gorge. Peur d’avoir l’air fou, j’imagine. Peur de ce qu’elle dirait. Mais surtout, c’était de pas savoir comment aborder la question.

Elle a eu l’air de me trouver drôle de m’en faire autant. Elle m’a dit que rien de tout ça ne la surprenait. Que je lui en avais souvent parlé, apparemment. Assis derrière le volant, les yeux pétillants, sur une route en ruban. C’est de même que ça se passe, on en dit toujours plus qu’on le pense.

C’est sûr que l’Amoureuse rit un peu de moi. Elle pense que je vis ma crise de la quarantaine en avance. Mais elle me regarde aller avec un petit sourire en coin qui lui va pas mal bien. Elle m’a dit qu’elle embarque. Que ça me ressemble.

Je suis allé m’inscrire pour à un programme de D.E.P. en transport par camion. Ça va me permettre de chauffer des bus, des camions-bennes, des semi-remorques, tout le bataclan. Même des gros Tonka de chantier, il paraît. J’ai hâte d’essayer ça, pour vrai. Le gars en revenait pas quand il a vu mon diplôme de maîtrise sur son bureau, d’autant plus que le papier gardait les stigmates de l’incendie de la maison, en 2009. Rien qu’un vieux bout de papier à la frange calcinée, mais ça avait l’air de lui faire un drôle d’effet. Sauf que quand je me suis mis à parler de camions avec lui, je pense qu’il a compris.

J’aurais pu lui expliquer combien j’ai besoin de mettre du concret dans ma vie. L’urgence que j’ai de faire partie de cette société, de ce monde, malgré tous ses travers. J’aurais aussi bien pu lui dire combien je gagne avec mes dix-neuf années de scolarité. Essayer de lui faire comprendre quelle logique implacable a pu faire en sorte que j’étais payé soixante piastres du feuillet en 2005, et qu’aujourd’hui on m’en offre juste vingt-cinq pour certains contrats, quand on ne me demande pas d’écrire gratisse. Que les clients potentiels jouent à peu près tous la carte du « t’sais, on est pas riche, comme organisme ». Que je peux pas dire qu’ils n’ont pas raison. Mais que je suis un peu tanné d’être de la gang de ceux qui écopent. Tanné aussi de mettre en place des super beaux projets qui voient jamais le jour parce que les subventions sont pas là. Tanné d’écrire des choses qui se lisent pas, ou qui se publient tout simplement pas.

Tanné aussi de pelleter des nuages dans la cour d’autres pelleteux de nuages qui attendent juste la prochaine bordée pour faire la même chose de leur bord. J’ai besoin de concret. Besoin de m’écorcher à ce qui existe au-delà des idées.
Besoin que ça vibre, à quelque part.
Que ça brûle.
Que ça pue.
Ostie, oui. Que ça pue.

J’veux du vrai.

C’est un trop long billet pour dire que ma vie est en train de changer. Que j’arrêterai pas d’écrire (promis, là!), mais que je m’inscrirai aussi autrement dans le monde.
Ce sera dur.
Ce sera pas particulièrement payant, mais ça peut pas être pire.
Sauf que ce sera vrai. Et il y aura quelque chose comme un nouvel équilibre.

*

Pis, tu l’avais pas vu venir, han?


L’enfant qui devait tout dire


C’est l’histoire de l’enfant qui devait tout dire.

– Vous êtes en train de lire tous les deux.

Ce n’est pas vraiment une question. En fait, le ton du fils est à mi chemin entre l’interrogation et le constat. On sent surtout qu’il est ébahi devant cette chose qu’on appelle le silence – cette réalité qu’il ne maîtrise absolument pas et qu’il passe beaucoup de temps à essayer de comprendre (et qu’il cherche depuis toujours à dire, pourrait-on croire).
Sourd alors le choeur calme des parents qui, effectivement, lisent:

– Bin oui, on lit.

Ils sont côte à côte, bien, mais surtout amusés par la réaction de l’enfant qui n’en reste pas là:

– C’est genre relax.

Un temps passe, juste assez pour qu’on se penche à nouveau, chacun sur son livre.
Le fils se tourne alors vers son grand frère qui piétine une gigue improvisée en se brossant les dents, à trois enjambées de là, puis continue:

– C’est pas rock. Pas comme lui. Lui il fait du rodéo.

[Mettre des mots sur tout… Si tu savais combien d’années j’ai passées – et perdues – à essayer de le faire, mon homme.]
[Toi avec ta bouche.]
[Moi avec mes doigts.]
[Si tu savais tout le silence que j’ai tué avant de pouvoir m’entendre avec moi-même.]
[Je me bats encore, souvent. Fais que la vie fasse du bruit. Qu’elle soit rock. Se fasse rodéo.]
[Je, l’enfant, qui devais tout écrire.]


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