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	<title>Le carnet de flânage</title>
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		<title>Le carnet de flânage</title>
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		<title>Exister</title>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 23:38:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;écris moins sur les Internets. C&#8217;est un fait. C&#8217;est que j&#8217;ai entamé, il y a quelques semaines, un carnet d&#8217;auteur. Un vrai, cette fois. Pas seulement un autre de ces cahiers que j&#8217;accumule depuis des années, où je griffonne aléatoirement, quelques vers ici, quelques phrases là. C&#8217;est un véritable carnet d&#8217;auteur, où je collige mes [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=748&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;écris moins sur les Internets. C&rsquo;est un fait.</p>
<p>C&rsquo;est que j&rsquo;ai entamé, il y a quelques semaines, un carnet d&rsquo;auteur. Un vrai, cette fois. Pas seulement un autre de ces cahiers que j&rsquo;accumule depuis des années, où je griffonne aléatoirement, quelques vers ici, quelques phrases là. C&rsquo;est un véritable carnet d&rsquo;auteur, où je collige mes notes de lectures, mes impressions littéraires, mes réflexions théâtrales, et où je garde des traces de ma vie d&rsquo;écrivain. Les instants délicats et parfaits. Les moments de découragement. Question de m&rsquo;en rappeler.<br />
Quand ce sera nécessaire.<br />
Quand j&rsquo;aurai abandonné.<br />
Quand j&rsquo;aurai décidé de retourner travailler de 9 à 5 quelque part.<br />
Quand j&rsquo;en aurai eu assez d&rsquo;une vie sociale proche du néant. Et du vide harassant dans le fond de mes poches.<br />
Quand j&rsquo;admettrai, comme on me le reproche, que j&rsquo;écris trop.<br />
En attendant, je noircis ce cahier qui n&rsquo;a l&rsquo;air de rien. Un cahier même pas acheté pour ça. Un cahier entamé en 2010 en plein Salon du livre de Rimouski, et aussitôt abandonné (comme les dizaines d&rsquo;autres carnets qui s&rsquo;empoussièrent un peu partout dans la maison). Un cahier taché de café renversé, épaissi de photocopies disparates, aux pages jaunies et cornées.</p>
<p>Si j&rsquo;arrive à soutenir le rythme, à écrire pratiquement tous les jours, c&rsquo;est entre autres parce que j&rsquo;ai cessé de diffuser de l&rsquo;écrit vain à tout vent: ces bouts de phrases disséminés sur <em>Facebook</em>, et ces tartines toujours trop longues sur mes blogues. C&rsquo;est aussi parce que j&rsquo;ai cessé d&rsquo;écrire pour être lu.</p>
<p>Ce carnet qui me suit dorénavant partout ne mériterait pas un regard extérieur, faut pas croire. Je m&rsquo;y relis à peine, refusant le re-travail. Et ça fait du bien. C&rsquo;est du texte mort-né, avorté avant le beau de la naissance, cru et sans préparation. C&rsquo;est ce que ça vaut: de l&rsquo;avorton littéraire. Et oui, vraiment, ça fait un bien fou.<br />
Dans ces pages, l&rsquo;écriture n&rsquo;est plus une communication. Elle devient une façon de réfléchir, d&rsquo;aborder le monde autrement. Une façon de lire l&rsquo;existence et d&rsquo;agir sur elle. Sans spectacle. Et sans mise en scène.<br />
C&rsquo;est une portée sans mélodie.<br />
C&rsquo;est une vibration hors du sens.<br />
Un langage sans invention. Et encore: ça fait un bien fou.</p>
<p>J&rsquo;ai retrouvé la sensation d&rsquo;exister. Respirer les parfums riches de la pluie en forêt n&rsquo;est plus un vague souvenir. Le vent, et la pluie, et la rosée, et la nuit, et les cris des geais. Je suis redevenu un corps. Une peau. Un existant.</p>
<p>J&rsquo;ai retrouvé la forme, aussi. Ça n&rsquo;a rien à voir, pure coïncidence. Une situation trop complexe pour l&rsquo;expliquer ici. Mais je redécouvre la vie dans ce qu&rsquo;elle a de vif. Sans devoir m&rsquo;écraser de fatigue. Et je sais lire à nouveau sans me perdre entre les lignes. Quel bonheur.</p>
<p>Exister n&rsquo;est plus un luxe.</p>
<p>Pour le temps que ça durera, il faut me souvenir. Et malgré ce qu&rsquo;on en dit, je continue de croire que non seulement je <em>peux</em> écrire plus, mais que je <em>dois</em> le faire. Ceux qui ne sont pas d&rsquo;accord ne savent pas l&rsquo;urgence. N&rsquo;en ont aucune idée.</p>
<p>Je ne peux pas leur en vouloir. Seulement les faire mentir.</p>
<p>Alors j&rsquo;ai l&rsquo;air mort, à force de ne plus être sur les Internets. J&rsquo;ai l&rsquo;air de ne plus exister, sans doute. C&rsquo;est un signe des temps. Aujourd&rsquo;hui, si on n&rsquo;est plus là virtuellement, on n&rsquo;existe pas vraiment. Le monde a le droit de m&rsquo;oublier, c&rsquo;est bin correct pour moi.</p>
<p>Mais j&rsquo;existe un peu plus, et je vis mieux que depuis longtemps. Et j&rsquo;écris plus et mieux que jamais.</p>
<p>Je vais revenir. J&rsquo;ai trop besoin d&rsquo;attention, trop besoin d&rsquo;amour pour ne pas le faire. En attendant&#8230; Je vais bien.<br />
Je vais bien.<br />
À la r&rsquo;voyure.</p>
<p>Eh puis, je vous encourage à exister aussi. Vous allez voir, ça fait du bien.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 429px"><a href="http://sophiebrisard.blogspot.ca/2009_11_01_archive.html"><img class=" " alt="" src="http://jeanfrancoiscaron.files.wordpress.com/2013/05/1ba44-exister003.jpg?w=419&#038;h=576" width="419" height="576" /></a><p class="wp-caption-text">Source: sophiebrisard.blogspot.ca</p></div>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/748/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/748/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=748&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;accident qui finit pas</title>
		<link>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2013/03/28/theatre/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Mar 2013 23:48:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[C’était un accident. J’allais porter une pile de livres à la Grande Bibliothèque, empruntés quelques semaines plus tôt pour compléter mes recherches pour un article. Je ne devais rien rapporter à la maison, je voulais mes mains vides au retour. Mais j’ai eu du temps à tuer. J’ai fouillé les rayons. T’sais, une recherche du [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=736&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C’était un accident. J’allais porter une pile de livres à la Grande Bibliothèque, empruntés quelques semaines plus tôt pour compléter mes recherches pour un article. Je ne devais rien rapporter à la maison, je voulais mes mains vides au retour. Mais j’ai eu du temps à tuer.</p>
<p>J’ai fouillé les rayons. T’sais, une recherche du genre «j’ai de la chance». Comme ça, j’ai trouvé les rayons du théâtre. Et alors, j’en ai eu l’urgence. Fallait me voir dévaliser les rayons.</p>
<p>Lire du théâtre. J’aime tellement ça, lire le théâtre. Voir tous les possibles du texte plutôt que de m’en faire imposer une vision. Comprendre les mécanismes. Faire sonner à répétition le rythme de certaines répliques. Hurler. Chuchoter. Chanter. Étouffer. Recommencer.</p>
<p>Cette semaine, j&rsquo;ai lu huit pièces de théâtre. J’en ai encore une huitaine à dévorer. Dans le genre varié, t&rsquo;sais. De Sarah Kane à Larry Tremblay, passant par Jennifer Tremblay, Howard Barker, Daniel Danis (évidemment!) et Jean-Marc Dalpé. Quelque chose comme une orgie théâtrale, de quoi m’en mettre plein les tripes.</p>
<p>Je ne sais pas ce que je cherchais.<br />
Pourquoi je faisais ça.<br />
Mais je sais ce que j’ai compris.</p>
<p>Cette passion pour le théâtre. Tous ces possibles qu&rsquo;il offre et qu&rsquo;aucun autre art ne permet d’aussi belle façon. Cette jouissive concomitance potentielle des temps, des lieux. Cette intrication des paroles disjointes dans les mêmes corps, ou alors cette diffraction de la même parole en plusieurs corps éparpillés. Ça n’a rien à voir avec le roman choral. Rien à voir avec les séquences successives d’un film qui voudrait nous faire voyager en divers lieux et divers temps. Au théâtre, c’est autre chose.</p>
<p>C’est : tous les temps concentrés, hameçonnés à la même parole vive.<br />
C’est tous les lieux qui bulbent dans le même espace à  mesure que le texte les «réalisent».<br />
C’est tout ça qui n’est jamais complètement là, mais qui non plus jamais ne disparaît totalement.</p>
<p>Je sais : que je ne pourrais jamais « ne plus écrire de théâtre ». Or, je pourrais sans problème ne plus jamais publier de recueils de poésie. Parce que cette poésie, je la trouve n’importe où, je la crache à tous vents, même ceux de face. Ça me sort par les pores, littéralement, et ça sent ce que ça sent. J’en aurai toujours dans mes romans, j’en trouve plantée dans n’importe quel billet publié sur ce blogue. Crisse, je peux écrire une strophe sur un napperon ou dans le brun d’une boîte de Corn Flakes éventrée, je n’en serai pas moins satisfait. Quand j’ai la luck de pouvoir profiter d’une chambre d’hôtel, j’en écris même aux femmes de ménage. La poésie, ça a pas besoin de recueil. Ça a juste besoin d’être écrit.</p>
<p>Mais le théâtre n’est nulle part en-dehors du théâtre. Il n’est que là où il peut exister, dans la tension du souffle et des attentes. Pas nécessairement sur une scène. Mais là où ses conditions d’existence sont réunies, là où les conventions lui donnent vie.</p>
<p>C’est ça. Le théâtre, c’est l’accident qui finit pas. C’est la vie qui poigne quelque part sur la planète pis qui se répand, pis qui est pas tuable. Ostie qu’on est pas tuables, pareil.<br />
C’est l’accident qui finit pas. C’est le texte qui ouvre le ventre. Pas celui qui nous met le nez dedans.<br />
J’ai le goût d’ouvrer des ventres. Une orgie d’ouvrages de ventres. Que ça crève, que ça explose, que ça vive.</p>
<p>C’est pas un secret que je m’intéresse au théâtre depuis longtemps. J’ai déjà fait quelques projets d’écriture, discrets mais très formateurs. Sauf que j’ai eu peur longtemps que mes textes soient tout croches. Qu’ils ne soient pas suffisants. Que ce ne soit pas à ma place. Peur d’être déçu de l’arrivage du texte, aussi, mais bon, j’imagine que celle-là va rester.</p>
<p>Mais crisse, quand je mets le feu pis que ça flambe, je viens tellement à l’envers, tellement sans voix, tellement tu que j’écrase. Je peux pas sortir de ce monde-là. Faut que je plonge plus en amont, quitte à me retrouver dans le bas trop vite, là où y’a moins de remous. Quitte à me fracasser le crâne sur une roche pendant la descente. Ce serait une belle fin, pareil.</p>
<p>Faut que je plonge plus en amont.</p>
<p>J’en ai eu l’intuition, t’sais, avec <i>Les mains de Jonathan</i>. C’est un texte que j’ai écrit, qui est co-produit par La Rubrique et le Trillium et qui sera présenté en 2014. J’ai pu l’entendre lu par les comédiens, quand nous l’avons travaillé, argumenté, décortiqué dans le cadre d’un laboratoire de production, quelque part à Ottawa, en février dernier. J’ai suivi avec intérêt la vision qu’en avait eue le metteur en scène, Pierre-Antoine Lafon Simard. J’ai reçu tout ça comme une décharge. Mais alors, c’était encore juste ça : de l’intuition. Un « crisse-que-j’aime-ça » pas plus réfléchi, t’sais. Ça venait du creux, dans le milieu du ventre, à trois pouces au nord du nombril. Du creux fragile, là où la peau touche pas encore les côtes, là où elle est le dernier rempart avant de poigner dans les tripes.</p>
<p>Il m’a fallu un mois pour m’en remettre. Et pour comprendre un peu. Ce « crisse-que-j’aime-ça », c’est pas de l’ordre du <i>thrill</i>, ni du caprice, ni de l’<i>ego</i>. C’est technique. C’est intellectuel. C’est créatif.</p>
<p>C’est la traversée du texte. C’est son avenue. C’est l’intersection. C’est là où l’écrit prend une envergure qui dépasse le réel, quand il poigne une épaisseur. C’est quand le corps amène le texte ailleurs, et que dans le même temps le texte mène le corps ailleurs. Ça va tellement loin. Ça peut aller tellement loin.</p>
<p>C’est ça. C’est ce possible là. C’est la seule vraie texture. L’accident qui finit pas.</p>
<p><i>Watch out</i>. Je m’amuse.</p>
<p>Je m’en viens.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/736/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/736/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=736&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Je pense que oui.</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Mar 2013 02:49:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[anecdote]]></category>
		<category><![CDATA[anecdotes]]></category>

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		<description><![CDATA[Dormirai pas de la nuit. Ouvert une bouteille de rouge. Laisse grésiller le feu dans le poêle grand ouvert, c&#8217;est chaud et orange derrière la grille. Je t&#8217;ai vue légère. Légère comme jamais. Eu peur que tu prennes le bord du vent. T&#8217;étais belle, vraiment. Dans le brouillard des larmes qui étouffait ce que je [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=734&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dormirai pas de la nuit.<br />
Ouvert une bouteille de rouge.<br />
Laisse grésiller le feu dans le poêle grand ouvert, c&rsquo;est chaud et orange derrière la grille.<br />
Je t&rsquo;ai vue légère. Légère comme jamais.<br />
Eu peur que tu prennes le bord du vent. T&rsquo;étais belle, vraiment. Dans le brouillard des larmes qui étouffait ce que je voyais de toi. T&rsquo;étais belle, habillée en mou, avec ton sourire des grandes histoires.<br />
J&rsquo;ai bu du rouge et un peu de ton enthousiasme. Ça goûtait tellement bon.<br />
Elle sera vendue, tu crois? Vendue pour vrai?<br />
<em>Je pense que oui</em>, que t&rsquo;as dit. <em>Je pense que oui. On va aller chez le notaire au début de mai.</em><br />
Maudit que je t&rsquo;aime. T&rsquo;as tellement l&rsquo;air de comprendre ces affaires-là. Les affaires, là, celles que je comprends jamais. Celles auxquelles je crois jamais. Sérieux, tout ce que je sais, là, c&rsquo;est que ça fait juste moins mal, tout d&rsquo;un coup. T&rsquo;sais. Depuis que tu m&rsquo;as dit que tu penses que oui. Qu&rsquo;elle sera vendue. Vendue pour vrai.</p>
<p>Dormirai pas de la nuit. Ça fait deux ans qu&rsquo;on dort plus, de toute façon.</p>
<p>Dormirai pas de la nuit. Je vais te regarder dans ce bleu clair de la lune éclatée sur la dernière tempête répandue.<br />
Dormirai pas. Vais te coller.</p>
<p>Maudit que j&rsquo;vas être bin.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/734/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/734/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=734&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Citation: Hubert Aquin</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Mar 2013 15:14:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[citation]]></category>

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		<description><![CDATA[Lire ceci et sentir l&#8217;urgence. Écrire des romans non souillés par l&#8217;intolérable quotidienneté de notre vie collective et dans un français antiseptique et à l&#8217;épreuve du choc précis qui ébranle le sol sous nos pieds, c&#8217;est perdre son temps. Hubert Aquin &#160;<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=731&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Lire ceci et sentir l&rsquo;urgence.</p>
<blockquote><p><em>Écrire des romans non souillés par l&rsquo;intolérable quotidienneté de notre vie collective et dans un français antiseptique et à l&rsquo;épreuve du choc précis qui ébranle le sol sous nos pieds, c&rsquo;est perdre son temps.</em><br />
<em>Hubert Aquin</em></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/731/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/731/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=731&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Depuis la dernière fois</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 14:25:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[anecdotes]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[depuis la dernière fois, j&#8217;ai &#8211; éteint la télé, ce n&#8217;était pas si difficile ce n&#8217;était même pas une résolution, même pas de la bonne volonté, juste juste un haut-le-coeur, je pense, juste juste un trop plein, juste juste une incohérence avec laquelle j&#8217;arrivais mal à vivre, tout ce temps devant l&#8217;écran, tous ces livres [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=725&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>depuis la dernière fois, j&rsquo;ai &#8211;</strong></p>
<p>éteint la télé, ce n&rsquo;était pas si difficile ce n&rsquo;était même pas une résolution, même pas de la bonne volonté, juste<br />
juste un haut-le-coeur, je pense, juste<br />
juste un trop plein, juste<br />
juste une incohérence avec laquelle j&rsquo;arrivais mal à vivre, tout ce temps devant l&rsquo;écran, tous ces livres que je ne lisais pas, répétant à qui veut bien l&rsquo;entendre que <em>je-n&rsquo;ai-donc-pas-le-temps-de-lire-c&rsquo;est-vrai-c&rsquo;est-fou-je-n&rsquo;ai-tellement-pas-de-temps-pour-ça-je-lis-trop-peu-je-sais-c&rsquo;est-ridicule,</em> vous savez, ce discours, et pourtant<br />
pourtant j&rsquo;ai éteint<br />
la télé et les autres écrans, me suis déconnecté des réseaux</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, je &#8211;</strong></p>
<p>me suis déconnecté des réseaux, passage à vide,<br />
me suis rendu compte comme mon existence tournait autour d&rsquo;un bouton, d&rsquo;un j&rsquo;aime: je réfléchissais ma vie en termes de statuts<br />
<em>y&rsquo;a-toujours-bin-des-maudites-limites</em><br />
ma vie en termes de statuts, comme si chaque réflexion / événement / émotion devait devenir un spectacle de quelques lignes<br />
alors j&rsquo;ai juste<br />
juste fermé ma gueule virtuelle<br />
me suis mis à apprécier les choses pour ce qu&rsquo;elles sont, dans le rien-que-là, dans la présence immédiate, sans leur chercher d&rsquo;écho, j&rsquo;ai cessé<br />
de réfléchir ma vie en termes de statuts<br />
et j&rsquo;ai</p>
<p>accueilli le vide</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, j&rsquo;ai &#8211;</strong></p>
<p>accueilli le vide</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, surtout j&rsquo;ai</strong></p>
<p>lu<br />
plus de quinze-cents pages en janvier<br />
lu comme un boulimique se gave<br />
des livres et des livres<br />
<em>Autoportrait au revolver</em>, qui m&rsquo;a redonné le goût, puis <em>Griffintown</em>, c&rsquo;était parti pour de bon, alors je me suis lancé dans tout ce que je pouvais trouver, un livre jeunesse trouvé dans les affaires de mon plus vieux, <em>Obnübilus</em>, et un roman prêté par la gentille voisine, <em>Les quatre saisons de Violetta</em>, et puis <em>L&rsquo;Homme blanc</em>, qui m&rsquo;attendait depuis si longtemps, et <em>Le Christ obèse</em> encore en cours, et je frémis déjà à l&rsquo;idée de ce que je pourrai lire ensuite<br />
des livres et des livres<br />
des articles à la pelletée, aussi, et encore des articles<br />
on va en pelleter des nuages, on va faire tempête<br />
je crois que je ne pourrai plus jamais arrêter<br />
plus jamais arrêter de lire</p>
<p><strong>d&rsquo;ici la prochaine fois, j&rsquo;aurai &#8211;</strong></p>
<p>lu<br />
j&rsquo;aurai lu</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, je &#8211;</strong></p>
<p>suis allé tuer un chien<br />
vous aurais fait brailler en quatre lignes ou en 140 caractères, c&rsquo;est certain, mais j&rsquo;ai gardé ça pour moi, je l&rsquo;ai juste<br />
juste vécu<br />
<em>j&rsquo;ai vécu</em><br />
suis allé tuer un chien que j&rsquo;aime<br />
c&rsquo;était un samedi, c&rsquo;était prévu comme ça, un samedi après-midi, le chien cancéreux, sa masse sanguinolente, ma grosse fille, allez hop dans le coffre, son enthousiasme, les <em>si-tu-savais-ma-belle-où-on-s&rsquo;en-va</em>, et puis<br />
et puis moi tu-seul dans l&rsquo;auto avec le chien que j&rsquo;aime, parce que quand on est le père, on est aussi le traître qui va faire tuer le chien, et puis<br />
et puis moi tu-seul dans l&rsquo;auto, moi qui braille, qui morve, qui parle tu-seul, qui parle à un chien qui comprend pas pourquoi je braille, je morve, je parle tu-seul, qui comprend pas quand je lui dis <em>si-on-pouvait</em><br />
quand je lui dis <em>si-on-avait-un-moyen-t&rsquo;sais-de-te-guérir</em><br />
quand je lui dis <em>si-on-était-juste-capable-de-te-soigner</em>, <em>juste-capable</em><br />
quand je lui dis <em>tu-seras-passée-trop-vite-dans-nos-vies-ma-belle-grosse-fille</em><br />
quand je parle à mon premier chien, celui que je m&rsquo;en vais faire tuer<br />
j&rsquo;aurais pu vous en parler, mais j&rsquo;ai gardé ça pour moi, pour moi pis elle<br />
je l&rsquo;ai juste vécu<br />
<em>j&rsquo;ai vécu</em><br />
l&rsquo;arrivée au comptoir de l&rsquo;hôpital vétérinaire qui sent le propre<br />
l&rsquo;annonce de mes intentions, le moment où ça se passe vraiment, le <em>je-viens-pour-l&rsquo;euthanasie-de-Soupir</em><br />
dire son nom, c&rsquo;était important<br />
<em>je-viens-pour-l&rsquo;euthanasie-de-Soupir</em><br />
c&rsquo;était pour être certain de l&rsquo;assumer, pour être certain<br />
et puis, après l&rsquo;annonce des intentions<br />
après l&rsquo;annonce, la signature: signer sa mort<br />
et le paiement: payer sa mort<br />
et les dernières caresses: la rassurer avant sa mort<br />
et attendre<br />
dans la salle d&rsquo;attente de l&rsquo;hôpital vétérinaire qui sent le propre<br />
parce que j&rsquo;assume mais que ça fait trop mal pour que je lui tienne la patte, trop mal pour que je lui gratte le col<br />
attendre tu seul dans la salle d&rsquo;attente de l&rsquo;hôpital vétérinaire qui sent le propre<br />
parce que je veux quand même voir son corps sans vie, me planter cette image dans l&rsquo;oeil, m&rsquo;en tatouer la rétine, qu&rsquo;elle ne me quitte plus jamais<br />
attendre<br />
et voir venir le vétérinaire<br />
dans la salle d&rsquo;attente de l&rsquo;hôpital vétérinaire qui sent le propre<br />
son sarrau et sa bouche pleine d&rsquo;excuses<br />
<em>vous-savez</em>, qu&rsquo;il m&rsquo;a dit, <em>vous-savez</em>, il a pris son temps, <em>je-sais-que-c&rsquo;est-difficile</em>, <em>je-m&rsquo;excuse-d&rsquo;en-remettre</em>, <em>je-sais-que-votre-décision-est-prise-et-que-ça-n&rsquo;a-pas-dû-être-facile</em><br />
et alors le vétérinaire qui m&rsquo;explique, qu&rsquo;il ne l&rsquo;a pas encore fait, qui m&rsquo;explique l&rsquo;évolution externe du cancer, l&rsquo;éventualité que ce soit, finalement, peut-être, si tout va bien, opérable pour beaucoup moins cher qu&rsquo;on pensait<br />
l&rsquo;éventualité que ce soit bénin, finalement</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, je &#8211;</strong></p>
<p>suis allé tuer un chien que je n&rsquo;ai pas tué</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, j&rsquo;ai &#8211;</strong></p>
<p>pleuré je n&rsquo;en suis pas sorti indemne, je pense<br />
mais je m&rsquo;en suis remis</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, j&rsquo;ai &#8211;</strong></p>
<p>eu des problèmes d&rsquo;argent<br />
pas de contrat dans le Temps des Fêtes, c&rsquo;est normal<br />
mais c&rsquo;est lourd<br />
sauf que depuis la dernière fois</p>
<p><strong>depuis la dernière fois, j&rsquo;ai &#8211;</strong></p>
<p>eu une bourse du CALQ pour mon prochain roman<br />
elle a pris du temps avant d&rsquo;arriver, mais quand même<br />
j&rsquo;ai écrit beaucoup dans ma tête<br />
un peu sur le papier, mais beaucoup dans ma tête, c&rsquo;est surtout là que ça se passe<br />
certaines choses doivent encore se poser<br />
des choix que je dois faire<br />
des voix qui doivent s&rsquo;affirmer</p>
<p><strong>d&rsquo;ici la prochaine fois, j&rsquo;aurai &#8211;</strong></p>
<p>peut-être trouvé</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/725/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/725/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=725&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La dernière lettre du Père Noël</title>
		<link>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/12/25/la-derniere-lettre-du-pere-noel/</link>
		<comments>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/12/25/la-derniere-lettre-du-pere-noel/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 Dec 2012 05:44:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[anecdote]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher Matisse, Je me souviendrai toujours de l’enfant que tu as été, si calme et si tranquille. Je disais toujours à ma chère Fée des Glaces : «Lui, il est sage avant l’âge, c’est une grande âme!». J’ai toujours su que toute ta vie tu aurais une riche imagination. Jusqu’ici, je ne me suis pas trompé. [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=721&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cher Matisse,</p>
<p>Je me souviendrai toujours de l’enfant que tu as été, si calme et si tranquille. Je disais toujours à ma chère Fée des Glaces : «Lui, il est sage avant l’âge, c’est une grande âme!». J’ai toujours su que toute ta vie tu aurais une riche imagination. Jusqu’ici, je ne me suis pas trompé. Il est si beau de te voir écrire comme ton père, inventer de belles histoires d’aventures…</p>
<p>Lors de ta première nuit de Noël, alors que tu n’étais encore qu’un petit bout d’homme, je me souviens que je me suis penché sur ta couchette, dans ta chambre toute jaune, et je t’ai trouvé tellement beau que je suis resté de longues minutes à te regarder. J’ai posé ma main sur ton front et, t’en souviens-tu? Tu as ouvert les yeux, et tu m’as vu. Lorsque tu m’as souri, j’ai su à quel point tu étais un garçon brillant, comme si tu avais dans chaque œil une belle parcelle d’étoile.</p>
<p>Il y a plusieurs années que je t’observe et que je m’informe à ton sujet. Plusieurs pensent que la magie de Noël ne vient qu’en décembre. Quand je te vois créer toutes tes histoires, je sais à quel point la magie est présente dans tout ce que tu fais. Et je suis bien fier de voir que d’autres que moi savent porter cette magie. C’est important. Le monde en a besoin.</p>
<p>Tu es un petit malin, toi. J’ai eu beaucoup de chemin à faire pour te trouver, avec les années. Charny, Saguenay, Québec, même Cuba et maintenant Sainte-Béatrix… Tu m’en as fait voir, du paysage! Mais je suis bien heureux de tout cela. Moi aussi, j’aime beaucoup le voyage et la nouveauté. Je ne serais pas devenu le Père Noël si ce n’était pas le cas, n’est-ce pas?</p>
<p>Aujourd’hui, tu es devenu bien grand. À ton âge, malheureusement, bien des enfants ont cessé de croire en moi, aux lutins, au Pôle Nord&#8230; Tu n’es pas obligé de les convaincre de mon existence. Tu sais bien, au fond de toi, ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Le reste importe peu.</p>
<p>Ce Noël est sans doute le plus important pour toi. Car c’est celui ou tu passes du côté des plus grands. Tu sais, beaucoup d’enfants, chaque année, s’ajoutent à ma longue liste. Mes lutins n’arrivent à fabriquer des cadeaux que pour les plus jeunes, même si parmi les plus grands garçons et les plus grandes filles, il en reste toujours qui seraient assez sages pour mériter leur place sur ma longue liste.</p>
<p>Tu sais, il faut grandir. Parfois c’est triste, mais devenir grand apporte aussi de nombreux avantages dont tu profiteras avec le temps. Tu te rendras compte que tes parents et d’autres encore m’ont beaucoup aidé à vous gâter, ton frère et toi. En passant du côté des grands, tu peux devenir aussi l’un de mes complices, si tu le veux bien. J’aurai sans doute besoin de toi pour que ton frère et les autres enfants continuent de croire à la magie de Noël et à l’importance de l’imagination. Ton aide sera toujours très précieuse pour moi. Comme l’a été l’aide de tes parents, jusque-là.</p>
<p>N’hésite pas à faire sourire les autres enfants pour Noël, à leur raconter des histoires. Même si elles ne sont pas toutes «vraiment vraies», ces histoires, même si tu en inventes quelques-unes… Ce n’est pas si grave. L’important, c’est de rendre les autres heureux. Vraiment, c’est tout ce qui importe. Parce qu’au fond, c’est ça, la magie de Noël.</p>
<p>Cher Matisse, je veux que tu saches que je t’aime très fort, que tu auras toujours une grande place dans mon cœur et dans mes souvenirs. J’ai été très heureux de te connaître, et je le serai d’autant plus si tu acceptes d’être l’un de mes complices.</p>
<p>Passe un très beau Noël avec tes trois gros chiens, ton chat, tes oiseaux, et toute ta famille.</p>
<p>Prends bien soin de toi et de ceux que tu aimes.</p>
<p>Ton Père Noël</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" alt="" src="http://ageheureux.a.g.pic.centerblog.net/pere-noel.jpg" width="432" height="288" /></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/721/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/721/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=721&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		</media:content>

		<media:content url="http://ageheureux.a.g.pic.centerblog.net/pere-noel.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>Contes inhabituels: Noël en corps</title>
		<link>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/12/17/conte-inhabituel-noel-corps-caron/</link>
		<comments>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/12/17/conte-inhabituel-noel-corps-caron/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 17 Dec 2012 14:05:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[anecdote]]></category>
		<category><![CDATA[lecture publique]]></category>

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		<description><![CDATA[Fallait y être. L&#8217;ivresse des belles soirées. Les pantoufles de ma grand-mère sur la petite scène éclairée. Brouhaha, chaleur des entassés. Bar à pitons, 15 décembre 2012. On m&#8217;avait invité pour faire la lecture d&#8217;un «conte inhabituel» inédit. Comme souvent, je voulais que ce soit filmé. Comme toujours dans ce cas, j&#8217;ai oublié de le [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=716&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Fallait y être. L&rsquo;ivresse des belles soirées. Les pantoufles de ma grand-mère sur la petite scène éclairée. Brouhaha, chaleur des entassés.</p>
<p>Bar à pitons, 15 décembre 2012. On m&rsquo;avait invité pour faire la lecture d&rsquo;un «conte inhabituel» inédit. Comme souvent, je voulais que ce soit filmé. Comme toujours dans ce cas, j&rsquo;ai oublié de le demander. N&rsquo;en restera que le souvenir diffus d&rsquo;une sacrée belle soirée. Et ce texte de bar que j&rsquo;avais écrit pour l&rsquo;occasion. Faute de pouvoir m&rsquo;entendre en faire la lecture, vous pouvez toujours y jeter un oeil.</p>
<p>Évidemment, c&rsquo;était un texte écrit expressément pour une lecture publique. Beaucoup de sens passait par ses sonorités. Je vous ai fait grâce de toutes mes notes de lectures, mais vous pouvez p&rsquo;t'être le lire à voix haute pour mieux l&rsquo;entendre.</p>
<p>Ah, et au cas où ça chicoterait quelqu&rsquo;un, je n&rsquo;ai pas de cousine qui s&rsquo;appelle Fanny.</p>
<p style="padding-left:30px;"><strong>Noël en corps</strong></p>
<p style="padding-left:30px;">me revois<br />
corps de jeune adolescent<br />
quinze minutes<br />
face à la porte d’en avant chez matante-qui-r’çoit</p>
<p style="padding-left:30px;">fait pas trop frette dehors<br />
mais faut bin que je rentre a m’ment d’né</p>
<p style="padding-left:30px;">ça va sentir les bottes mouillées, sentir la robine,<br />
sentir sucré aussi<br />
pis la cannelle<br />
sentir la cannelle de ses chandelles<br />
sentir le parfum, celui des matantes pis des grandes occasions</p>
<p style="padding-left:30px;">pis ça va sentir gras<br />
gras les ragoûts<br />
gras les pâtés<br />
sentir gras pis l’sucre ajouté<br />
des gâteaux vanillés</p>
<p style="padding-left:30px;">y’aura plus de lumières que de coutumes<br />
pas de coins noirs chez matante-qui-r’çoit quand a r’çoit<br />
pas comme quand elle est tu-seule</p>
<p style="padding-left:30px;">pis on voudra don&rsquo;bin me sourire<br />
don-bin que je sois heureux</p>
<p style="padding-left:30px;">la famille, c’est gentil<br />
pareil<br />
han…</p>
<p style="padding-left:30px;">une fois de temps en temps, être dans son monde<br />
c’est comme chaque fois r’venir au monde<br />
mais c&rsquo;est sûr que<br />
ça peut être souffrant au passage<br />
v’nir au monde</p>
<p style="padding-left:30px;">le passage: la porte<br />
que c’est que j’m’en vas faire là<br />
à cette époque<br />
cette envie de hurler avant de rentrer<br />
cette envie de me plaindre<br />
moman, je voulais pas v’nir<br />
cette envie de<br />
déchirer<br />
moi-même<br />
déchirer de partout où ça veut me rentrer dedans<br />
les gens gentils<br />
les sourires de pleines dents<br />
la famille attroupée<br />
pis matante-qui-r’çoit</p>
<p style="padding-left:30px;">c’est Noël encore<br />
faudra bin que j’y aille<br />
Noël en corps<br />
qui me rentre dedans</p>
<p style="padding-left:30px;">ça va jouer à s’arracher les cheveux<br />
ça va se courir après<br />
ça va se malmener<br />
ça va se donner des becs<br />
ça va aller, j’imagine<br />
ça va aller</p>
<p style="padding-left:30px;">la porte ouvre<br />
c’est matante<br />
matante-qui-r’çoit qui a vu ma face en arrière de son rideau</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>ah, c’est juste toé? j’me d’mandais bin</em></p>
<p style="padding-left:30px;">juste moi, c’est ça<br />
ça fait qu’y’a moi, mon corps qui rentre,<br />
moi qui me secoue les bottes,<br />
j’ai treize ans pis je pue la cigarette<br />
ma mère va faire semblant<br />
de pas le savoir<br />
a va se tenir loin<br />
pour pas le savoir</p>
<p style="padding-left:30px;">on me salue<br />
y fait chaud ‘ci d’dans, sourire de pleines dents<br />
avec tout c’qu’y’a de corps, c’est malaisant<br />
ça r’sue dans les vitres, jusqu’à faire des grands coulisses</p>
<p style="padding-left:30px;">les enfants ont fait des dessins dans la buée<br />
une maison, un soleil</p>
<p style="padding-left:30px;">à hauteur d’adulte, y’a un pénis<br />
un gros membre turgescent<br />
(j’l’aurais pas dit de même à l’époque<br />
mais depuis<br />
j’ai lu un peu de Victor-Lévy Beaulieu)<br />
y’a un gros membre turgescent<br />
c’est l’œuvre du cousin Fred probablement,<br />
planté à côté,<br />
drette comme un picket<br />
y’a l’air de se demander<br />
qui va s’en rendre compte en premier – clin d’oeil</p>
<p style="padding-left:30px;">le sapin, d’un coin du salon, est déjà tout croche<br />
y’est lette, un artificiel, on voit sortir de la broche<br />
à son pied, pas loin d’un ramassis de cadeaux<br />
le corps des cousines installées là<br />
Lysanne à genoux<br />
un peu ronde, la chouchou<br />
s’est enfermée ent’les écouteurs<br />
de son baladeur jaune-étanche<br />
depuis probablement une heure</p>
<p style="padding-left:30px;"><img class="alignright" style="margin:9px;" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-kH2U2i2npKs/TaM_3f5t-II/AAAAAAAAF84/GN6f6T8ASa4/s1600/Marilyn%2BMonroe.jpg" width="210" height="277" />et pis y’a<br />
le corps de Fanny<br />
Fanny, ça, c’est la belle cousine<br />
t’sais, y’en a toujours une belle dans’ gang<br />
Fanny, quinze ans, que j’ose pas aller voir<br />
Fanny, quinze ans, qui me gêne tout le temps<br />
Fanny, quinze ans, grimée comme une poupée<br />
bin Fanny, quinze ans, a porte encore mal la jupe<br />
c’tu plate : assise en indien, a montre ses bobettes</p>
<p style="padding-left:30px;">pas loin de moi, le cousin Fred boit sa frette<br />
encore drette comme un picket<br />
lui’tou watch les bobettes d’la cousine en jupette</p>
<p style="padding-left:30px;">au travers des corps, y’a<br />
la table<br />
le buffet<br />
le décor</p>
<p style="padding-left:30px;">au bord d’la table<br />
des têtes qui dépassent<br />
les enfants ramassés, poussaillés, bordassés, attriqués, bin peignés, attirés par<br />
LE buffet<br />
les chips surtout<br />
mais pas juste ça</p>
<p style="padding-left:30px;">ça goûte la p’tite sauce<br />
ça aime la p’tite sauce<br />
ça r’sauce sa carotte dans la p’tite sauce<br />
la p’tite carotte parfaite, du plat de sauce à la p’tite bouche,<br />
d’la p’tite bouche au plat de sauce<br />
du plat de sauce à la p’tite bouche,<br />
d’la p’tite bouche au plat de sauce<br />
ça en échappe su’a nappe</p>
<p style="padding-left:30px;">là, matante-qui-r’çoit dérape</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>tes microbes, bebé! tes microbes,</em><br />
<em>voyons donc</em><br />
<em>on sauce pas deux fois la même carotte dans’ sauce à matante!</em></p>
<p style="padding-left:30px;">le cousin Fred, lubrique et chaudasse, déjà moins drette au bord d’la chaudrée qui sent le poisson, peut pas s’en empêcher :</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>on s’la sauce même pas une fois, la carotte dans ton plat d’sauce, hein matante!</em></p>
<p style="padding-left:30px;">j’vous l’ai pas dit : matante-qui-r’çoit, est vieille fille</p>
<p style="padding-left:30px;">deux-trois mononcles éméchés comprennent l’allusion<br />
rires gras qui viennent du salon</p>
<p style="padding-left:30px;">pendant c’temps-là,<br />
bebé baveux<br />
abandonne sa carotte nappée sur la nappe carreautée<br />
pis s’en va s’planter les deux doigts dans le plat d’sauce à matante-qui-r’çoit (celui qui est sur la table, là)<br />
à l’a parlé d’la carotte<br />
m’a l’a pas parlé des doigts</p>
<p style="padding-left:30px;">matante-qui-r’çoit est offusquée<br />
par les propos du n’veu fièvreux<br />
a s’en va, probablement pleurer<br />
su’l’bord d’la ch’minée<br />
fait semblant de brasser avec le tisonnier<br />
les bûches noircies qui en finissent pu d’étouffer<br />
c’est d’même qu’a s’sent, matante-qui-r’çoit<br />
mal partie, pas facile à allumer, au bord de s’étouffer<br />
fait p’t’être assez chaud de même, matante – le cousin Fred, a pas fini de s’amuser</p>
<p style="padding-left:30px;">ma grand-mère voit rien de tout ça, entend rien de tout ça<br />
à dort dans chambre de matante-qui-r’çoit<br />
est rendue bin qu’trop vieille pour veiller<br />
pauvre grand-mère fatiguée</p>
<p style="padding-left:30px;">dans le salon où c’que sont plantées la cheminée<br />
pis la matante éplorée<br />
y’a le corps des mononcles échoués</p>
<p style="padding-left:30px;">du plus gros au plus p’tit y’a<br />
Fernand, Richard, Bertrand, Bernard</p>
<p style="padding-left:30px;">Fernand c’est : 295 livres de bonheur, yes Madame, le sourire aux lèvres, un gros bol de popcorn entre les deux jambons<br />
ça parle pas, ce Fernand-là, mais ça écoute,<br />
c’était lui le rire gras quand on s’est moqué<br />
de la sauce de matante qui trouvait pas sa carotte à saucer<br />
pour une fois c’était pas lui qui mangeait la volée<br />
faut dire que gros comme il est<br />
le plus souvent, c’est lui qui y a goûté</p>
<p style="padding-left:30px;">Richard, lui, c’est une moustache,<br />
une moustache qui pousse depuis le 19 février 1968,<br />
a l’a vingt-trois ans la moustache, betôt vingt-quatre<br />
mériterait un trophée<br />
une moustache avec un homme en-dessous, évidemment<br />
un homme qui prend du poids depuis à peu près la même date<br />
à soir, amas d’bœuf charnu, ça sue et ça dort dans la berçante de matante-qui-r’çoit<br />
la yeule grande ouverte<br />
ça a trop bu, déjà, bin qu’trop bu<br />
c’est d’la viande marinée<br />
faque ça sue, ça dort dans la berçante de matante-qui-r’çoit, ça pue du souffle<br />
c’est le brandy que ç’a apporté</p>
<p style="padding-left:30px;">la flasque</p>
<p style="padding-left:30px;">depuis que Richard dort, la yeule ouverte<br />
c’est la main de Bertrand qui l’a ramassée<br />
la flasque, ‘était su’l’bord de tomber<br />
la main de Bertrand-le-flanc-mou, grand d’à terre jusque-là, toujours la tête poignée dans le lustrage</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>ayoye câlisse</em></p>
<p style="padding-left:30px;">Richard y sacre tout le temps de la même façon</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>ayoye câlisse</em></p>
<p style="padding-left:30px;">quand y s’pète la tête aux poutres<br />
sinon c’est un corps qui s’penche su’l’monde – y peut pas faire autrement</p>
<p style="padding-left:30px;">pis y’a le corps de Bernard tassé à côté de tout ça<br />
dans un p’tit coin, entre les coussins<br />
court, nerveux, fermé<br />
un désespéré<br />
Bernard c’est le déjà mort dans sa tête<br />
y’a l’droit d’le croire, y’a l’droit d’être là, on est bin contents<br />
il faut juste pas y parler si on veut pas casser le party</p>
<p style="padding-left:30px;">matante-qui-r’çoit<br />
s’essuie le bord du nez<br />
‘retourne dans la cuisine voir ma mère pis ses autres sœurs<br />
ça se met à chanter</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>ô nuit de paix, sainte nuit</em></p>
<p style="padding-left:30px;">je sais pu quoi faire de ma peau<br />
j’vas m’planter à côté du picket à Fred qui m’tend une bière<br />
je r’garde autour, pas d’mère<br />
j’en ai le goût<br />
je la pogne au goulot<br />
je la cache un peu dans mon coude<br />
au cas qu’a r’soude (la mère)</p>
<p style="padding-left:30px;">le plat de chips est fini<br />
les enfants ramassés, poussaillés, bordassés, attriqués, bin peignés mais rendus crottés</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>bonyenne, ça sait pas manger</em></p>
<p style="padding-left:30px;">les enfants se garrochent dans l’escalier<br />
dans pas longtemps ça va brailler<br />
deux-trois p’tits corps tombés<br />
ou mordus<br />
ou grafignés<br />
ou tordus<br />
me souviens pu</p>
<p style="padding-left:30px;">en attendant j’suis planté là<br />
à côté du picket à Fred qui me parle pas<br />
nos yeux vissés dans le même trou de serrure<br />
à l’autre bout du salon</p>
<p style="padding-left:30px;">Fanny qui m’fait un sourire<br />
s’étire la patte : a l’sait</p>
<p style="padding-left:30px;">bang</p>
<p style="padding-left:30px;">la magie de Noël opère<br />
ça me rentre dans l’corps en même temps que le désir<br />
crisse c’est une cousine, mais pareil, c’t’une cousine pas pire</p>
<p style="padding-left:30px;">j’prends une autre gorgée<br />
je m’en viens déjà gorlot<br />
tous les muscles du corps bandés<br />
pis c’est là que ma mère sort de la cuisine</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>qu’est-ce tu fais-là!</em></p>
<p style="padding-left:30px;">je suis gêné<br />
me demande si elle parle de ma bouteille<br />
ou des bobettes de ma belle cousine Fanny<br />
pis là : j’échappe ma bière</p>
<p style="padding-left:30px;">me revois<br />
mon corps de jeune adolescent au-dessus du dégât<br />
ça rit gras au salon pis pas rien qu’là, dans toute la maison<br />
Fanny aussi, rit fort</p>
<p style="padding-left:30px;">Noël me rentre dans le corps<br />
la magie de Noël,<br />
bin c’est de même que ça finit – tout le reste aussi</p>
<p style="padding-left:30px;">jamais r’parlé à ma cousine Fanny</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/716/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/716/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=716&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
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		<title>Manquer</title>
		<link>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/12/05/manque-theatre-1h30/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Dec 2012 06:48:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[anecdotes]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Écrire dix pages, en retrancher cinq. Faire des collages, percer des trous, réorganiser. Couper. Coller. Écrire vingt pages, n&#8217;aimer que quelques lignes. Écrire à reculons, presque, pieds nus sur un plancher couvert d&#8217;échardes. Écrire à en saigner, de là où ça porte. Souffrir à reculons sur des mots de mer morte. Ceux sur lesquels on [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=711&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Écrire dix pages, en retrancher cinq.</p>
<p>Faire des collages, percer des trous, réorganiser.</p>
<p>Couper.</p>
<p>Coller.</p>
<p>Écrire vingt pages, n&rsquo;aimer que quelques lignes. Écrire à reculons, presque, pieds nus sur un plancher couvert d&rsquo;échardes. Écrire à en saigner, de là où ça porte. Souffrir à reculons sur des mots de mer morte. Ceux sur lesquels on flotte même quand on veut plonger.</p>
<p>Me rendre à quarante pages, en avoir dix au moins à faire tomber. Douter aussi de quinze autres, puis des quinze premières, et douter encore. Trouver que le théâtre est ingrat.</p>
<p>Manquer de corps,<br />
manquer de poésie,<br />
manquer de vie,<br />
manquer de moi dans un corps qui fait mal et qui n&rsquo;a pas le souffle nécessaire pour prendre toutes ces paroles.</p>
<p>Manquer mon coup.</p>
<p>Manquer.</p>
<p>Me perdre dans ce qui reste de nuit, dans l&rsquo;odeur des flatulences de chiens, quand les rêves leur agitent les pattes.<br />
Me perdre en relisant l&rsquo;heure quatre, cinq fois:</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>1h30, 1h30, 1h30, </em><br />
<em>1h31, 1h31</em></p>
<p>Comprendre qu&rsquo;il est tard. Aller me coucher.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" alt="" src="http://signes.kamboo.com/wp-content/uploads/2010/09/1h30.jpg" height="257" width="342" /></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/711/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/711/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=711&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		</media:content>

		<media:content url="http://signes.kamboo.com/wp-content/uploads/2010/09/1h30.jpg" medium="image" />
	</item>
		<item>
		<title>Écrire à la tronçonneuse</title>
		<link>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/11/29/ecriture-tronconneus/</link>
		<comments>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/11/29/ecriture-tronconneus/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Nov 2012 13:29:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[anecdote]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/?p=701</guid>
		<description><![CDATA[Lui forcer la main. Lui forcer la main, juste un peu, juste assez, parce que je sens, parce que je sais que ce sera bon. Elle fait la moue, fait celle qui dort, fait celle qui n&#8217;entend pas, celle qui n&#8217;entendra rien, peu importe le ton de la voix, peu importe la conviction, peu importe [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=701&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Lui forcer la main.</p>
<p>Lui forcer la main, juste un peu, juste assez, parce que je sens, parce que je sais que ce sera bon.</p>
<p>Elle fait la moue, fait celle qui dort, fait celle qui n&rsquo;entend pas, celle qui n&rsquo;entendra rien, peu importe le ton de la voix, peu importe la conviction, peu importe les fleurs plein la gueule. Elle tourne le dos, son dos blanc, canari des mers qui affleure.</p>
<p>Oui, il arrive qu&rsquo;elle ne veuille pas, ne veuille rien savoir. Et il m&rsquo;arrive de trouver qu&rsquo;elle a bien raison. Au fond, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on a le temps, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on est là tous les deux, face à face et en silence, qu&rsquo;il faut nécessairement <em>le faire</em>.</p>
<p>Son argument percute.</p>
<blockquote><p><em>être libre, c&rsquo;est aussi pouvoir ne rien faire</em></p></blockquote>
<p>Mais il y a ces jours où je sens, ou je sais qu&rsquo;il faut pousser.<br />
Forcer.</p>
<blockquote>
<p style="padding-left:60px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="padding-left:60px;"><em>secouer le mélange avant de le mettre dans le réservoir / démarrer la tronçonneuse / si le réservoir n&rsquo;est pas vide à la fin d&rsquo;une coupe, surtout ne pas le vider, le laisser pour éviter le désamorçage / au début de la coupe, vider le réservoir et le remplir immédiatement avec le mélange agité</em></p>
<p style="padding-left:60px;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
</blockquote>
<p>Hier matin, le motif était parfait. Une invitation pour le bois.</p>
<blockquote><p><em>«mets tes bottes, mon homme<br />
cale ta tuque sur tes oreilles<br />
enfile ta vieille froque carreautée, habille-toi chaud<br />
viens prendre le bois, mon fils est là: on va bûcher»</em></p></blockquote>
<p>Sentir l&rsquo;irrémédiable de ces trois mots:</p>
<blockquote><p><em>on</em><br />
<em>va<br />
bûcher</em></p></blockquote>
<p>J&rsquo;avais dit oui au vieux Pierre. Je devais les mettre, mes bottes. Tout le reste aussi. Et à 10h, prendre le bois. Avec lui, le vieux Pierre, et avec le fils du vieux Pierre. Mais juste avant de partir, je me suis penché sur elle. Qui se laissait encore désirer. Ne voulait pas que je la touche. Frissonnait à la moindre approche. J&rsquo;avais toutes les raisons du monde de la planter là. De foutre le camp. De prendre le bois. De faire le déserteur.</p>
<p>Mais hier matin, je lui ai forcé la main.</p>
<p>Seul avec elle dans mon salon, j&rsquo;ai secoué le mélange. Rempli le réservoir. Démarré.</p>
<p>J&rsquo;ai écrit. De la grosse ouvrage.</p>
<ol>
<li>Tout un plan pour une série jeunesse en gestation depuis plus d&rsquo;un an. Le prologue, qui circonscrit cet univers déjà bien ficelé. Et des bribes de plusieurs chapitres. Il suffit maintenant de savoir redémarrer sans étouffer le moteur.<br />
Il suffit toujours de savoir redémarrer sans étouffer le moteur.</li>
<li>Du théâtre. Un projet qui parle de liberté, justement. De bois aussi. D&rsquo;air qu&rsquo;on respire. D&rsquo;air qu&rsquo;on se donne. Comme quoi tout ça est pris dans le même morceau. Tout ça est une même chair.</li>
</ol>
<p>Aujourd&rsquo;hui, je saigne de n&rsquo;avoir pas bûché avec le vieux Pierre, ça se répand, flaque mate, calme dégât. L&rsquo;abandon qui fait le plus mal, c&rsquo;est celui dont on est responsable. Mais il y aura d&rsquo;autres occasions.<br />
Le bois continue de pousser.</p>
<p>Moi aussi.</p>
<p><img class="aligncenter size-full" alt="" src="http://www.outil-leloup.be/wp-content/uploads/2012/07/tronconneuse500aa23474c62.jpg" height="343" width="488" /></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/701/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/701/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=701&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Le mot nu</title>
		<link>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/11/19/salon-livre-montreal/</link>
		<comments>http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/11/19/salon-livre-montreal/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Nov 2012 14:23:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jeanfrancoiscaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[anecdotes]]></category>
		<category><![CDATA[Rose Brouillard le film]]></category>
		<category><![CDATA[salon de montréal]]></category>

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		<description><![CDATA[Brouhaha de Salon encore plein la tête. Je suis encore là, lèvres et gorge sèches, à vouloir me creuser un sillon dans le champ littéraire. Tout ce monde. Tous ces livres. Mes petites briques au pied du mur, blanches et délicates. Sentir que tout ça est fragile. Que ça peut s&#8217;effriter. il n&#8217;y aura plus [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=695&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Brouhaha de Salon encore plein la tête. Je suis encore là, lèvres et gorge sèches, à vouloir me creuser un sillon dans le champ littéraire.</p>
<p><a href="http://canada.grandquebec.com/histoire-canada/genealogie-amerique/"><img class="alignright" style="margin:9px;" alt="" src="http://canada.grandquebec.com/wp-content/uploads/livres_poussiere.jpg" height="207" width="254" /></a>Tout ce monde. Tous ces livres. Mes petites briques au pied du mur, blanches et délicates. Sentir que tout ça est fragile. Que ça peut s&rsquo;effriter.</p>
<blockquote><p><em>il n&rsquo;y aura plus de poussière<br />
sur le livre</em><br />
<em>il sera la poussière</em></p></blockquote>
<p>La foule informe n&rsquo;est jamais que partielle, du point de vue que j&rsquo;en ai. Des gens qui passent, lente pérégrination, qui portent avec eux le poids et le bruissement de voix abrutissant des milliers d&rsquo;autres ramassés là.<br />
Tous dans le même bain. À chercher les mêmes éclaboussures.</p>
<p>Des mains s&rsquo;approchent, caressent les couvertures. Certains de ceux qui passent commettent enfin le beau sacrilège: ouvrent le livre pour en toucher quelques frissons. Des yeux éteints, d&rsquo;autres qui s&rsquo;allument. C&rsquo;est la loi du marché dans sa vêture de séduction.<br />
Personnellement, la littérature, je l&rsquo;aime toute nue. Le reste, bretelles et jarretelles, soierie ou cotonnade, c&rsquo;est pour les autres.<br />
C&rsquo;est vulgaire. Je n&rsquo;y comprends pas grand chose.</p>
<blockquote><p><em>je veux le mot nu</em></p></blockquote>
<p>J&rsquo;ai aimé:</p>
<ul>
<li>rencontrer des lecteurs. Lectrices surtout, tiens donc! Je constate aussi que mon «lectorat» n&rsquo;est pas très jeune. Je me questionne, quand même, un peu. Me dis que c&rsquo;est peut-être Rose qui fait tout le boulot.</li>
<li>croiser Gabriel Nadeau-Dubois, le temps de lui serrer la main. Paraît qu&rsquo;avec <a title="Cher Gabriel" href="http://jeanfrancoiscaron.wordpress.com/2012/04/26/cher-gabriel/">Cher Gabriel</a>, j&rsquo;ai fait pleurer sa mère. (Je les fais toutes pleurer. Combien de larmes aura versé la mienne?)</li>
<li>faire des entrevues sur place avec des gens du milieu. Jean Pettigrew (qui dirige Alire) pour un dossier sur le polar québécois. France Boisvert pour l&rsquo;écouter fulminer avec beaucoup d&rsquo;esprit à propos de l&rsquo;enseignement de la littérature au cégep. De beaux moments d&rsquo;échanges.</li>
<li>les autres rencontres, aussi. Retrouver les auteurs que je connais. Découvrir de nouvelles gens. De ceux que j&rsquo;aimerais revoir.</li>
</ul>
<p>Je suis (un peu) déçu d&rsquo;avoir manqué le party officiellement officieux du off &#8211; Salon du livre. Mais c&rsquo;était chouette d&rsquo;étirer le souper avec ma belle <a href="http://www.lapeuplade.com/">Peuplade</a> adorée. Refaire le monde de la littérature à chaque bouchée, chaque gorgée. Rêver.<br />
C&rsquo;est ça: une belle famille de rêveurs. De ceux qu&rsquo;on n&rsquo;arrête pas.</p>
<p>Faut pas se demander pourquoi je suis si bien dans cette maison.</p>
<p>&nbsp;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/695/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanfrancoiscaron.wordpress.com/695/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanfrancoiscaron.wordpress.com&#038;blog=17267440&#038;post=695&#038;subd=jeanfrancoiscaron&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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