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Nuage critique


Nous sommes cinq à dormir au salon. C’est à dire que les chiens dorment, le chat ronronne, mon plus vieux s’est enfin assoupi – le pauvre semble avoir une otite, une sinusite, et tout le bataclan – et moi, j’essaie de me convaincre de me rendormir.

En attendant, je me suis amusé un peu avec un générateur de nuages de mots qu’on trouve sur le net. Je l’ai fait travailler à partir des critiques de Nos échoueries.

Je trouve que c’est un beau nuage critique. Je vais le laisser m’intoxiquer. Peut-être qu’il m’aidera à retrouver le sommeil.

—-

Ah, tiens. Pour lire le texte original: Nos échoueries dans les médias.


Ce court moment


Ça se passe toujours très rapidement. On arrive, on est présenté, on lit, on discute et on repart. Et c’est du direct, alors nécessairement imparfait. Mais c’est toujours une expérience très agréable. Je parle de faire une lecture à la radio.

J’ai donc fait cette nouvelle lecture sur les ondes de Radio-Canada ce matin. Le texte inidét, qui s’intitule Ce court moment, a été écrit sur commande, en respectant le thème de l’amour. Vaste chimère qu’on ne sait plus par quel côté prendre. Moi j’aime la surprendre.

Voici donc le texte, bien imparfait, et beaucoup trop proche de moi…

Lecture présentée à Radio-Canada
La fin de semaine est à 7h
Le 12 février 2011, 9h25
Texte: Ce court moment
Musique: Astor Piazzolla (interprétation Quintette Guardia Nueva)

Ce court moment (cliquer ici pour entendre l’extrait)

C’est un court moment, très court moment. Ça se passe dans le silence du matin, dans les vapes du sommeil qui embaument encore le monde. Dans les volutes de la lumière encore grise qui a l’air d’hésiter à rentrer dans la chambre. C’est à cause des rideaux blancs qui couvrent les stores: le soleil a trop d’obstacles pour se rendre jusqu’à nos corps.

C’est un court moment, très court moment, comme ce matin. C’est quand je t’ai choisie. Quand j’ai ouvert les yeux pour ne voir que ton épaule sortie de la couette. Tu sentais chaud sous la couverte et j’avais envie de t’avoir près de moi. À force de t’effleurer la nuque du regard, je t’ai sans doute chatouillée : tu t’es retournée, béate, avec ce sourire endormi qui se glisse sur tes lèvres chaque fois. La nuit avait laissé sa signature sur ton visage, des griffures roses nervurant ta joue.

Ta peau accepte de la nuit qu’elle t’écrive dessus, qu’elle te signe – chaque matin, j’ai envie d’en faire autant. J’aurais tout à écrire sur toi. Le monde serait plus beau écrit sur tes cuisses, écrit sur ton ventre, écrit sur ta bouche.

J’aurais tout à écrire sur toi. Alors ton corps, trop loin, est beau à voir, sent bon.

Et moi qui me sens si vieux… et gras… et fatigué. Moi déjà tellement usé.

Il y a eu tout ce temps. Onze années en parallèle à regarder toujours droit devant, à se savoir ensemble, avec toutes nos crochitudes accrochées l’une à l’autre, nos deux vies d’agrippés rendues indissociables.

Il y a eu les enfants. Ceux qui font du bruit, qui tirent du jus, qui écoutent trop la télé, qui devraient sortir dehors, sortir plus souvent, sortir du carcan de notre amour, nous laisser un peu seul dedans.

Il y a eu la vie, les pilules qu’elle nous fait avaler de travers, la maison, l’auto, le chapelet de préoccupations qu’on égraine machinalement sans se demander si ça va revenir, si ça va arrêter un jour. Il ne faut pas se demander…

Il y a eu l’ennui, les petites misères, les soirées plates, bien sûr, les soupers manqués, les occasions aussi. Eh puis, il y a ma face, dans le miroir, qui vieillit, mon corps pareil, mes cheveux gris.

Mais il y a toujours le matin, ce court moment, très court moment de certitude. Lorsque l’on respire dans la chaleur de nos corps abandonnés. C’est quand je te choisis. Quand j’ouvre les yeux et qu’il n’y a que toi qui existe. Quand tu ouvres les tiens aussi, te montre gênée de mon regard insistant, me demande depuis combien de temps je te fixe ainsi. C’est quand tu as ce rire bref de celle qui dort encore, qui veut dormir encore, mais qui veut bien s’approcher.

Le temps change le monde. Les peuples marchent sur leurs vieux dictateurs, et toi… Toi… Tu me marches sur le cœur en dormant. Ça crie aussi fort dans ma tête. C’est aussi grand, c’est aussi beau. Tellement beau. Je veux abdiquer aussi, je ne demande que ça.

J’abdique.

Comme d’habitude, ce matin, je t’ai choisie. Je n’aurais su faire autrement.

Comme d’habitude, ce matin, tu m’as choisi. Je me demande encore pourquoi.

Je vais te laisser dormir. Je m’occuperai des enfants, qu’ils ne viennent pas déranger ton sommeil.

Demain, il y aura un autre matin.

Demain, une autre certitude.


Vers-hurlements et barreaux de lit: une nouvelle critique


Étrange de voir ce qui se produit avec ce recueil. Paru en septembre dernier, il n’avait pas suscité de grandes réactions, ennoyé dans le torrent des nouveautés automnales. Disons qu’il était plutôt passé inaperçu. Et quand on sait que la plupart des livres ne vivent (ou survivent) qu’un mois ou deux sur le marché, je m’étais un peu fait à l’idée: la poésie étant ce qu’elle est, je ne m’attendais pas à plus d’attention.

Et voilà que depuis janvier, un troisième article est publié à propos de Vers-hurlements et barreaux de lit. Sous la rubrique Sur les rayons, dans Voir, une courte critique publiée à la fois à Montréal et Saguenay (et peut-être ailleurs dans le réseau). Je vais de surprise en surprise avec cette plaquette. Chaque fois, c’est comme un beau cadeau.

Je suis plutôt content de la lecture qui en est faite jusqu’à présent. «Le poète ne tente pas de donner du sens à la maladie qui n’en a aucun, il sait seulement que son enfant suturé calfeutrera d’autres béances.» (D. Tardif) C’était justement le plus grand défi de l’entreprise. Témoigner, mais surtout, sans chercher à plaquer un sens dogmatique sur la souffrance – à laquelle rien n’adhère jamais véritablement, de toute façon.

C’est bon que de savoir qu’on peut être lu ainsi.


Goûter aux critiques


Les vrais critiques ne se trompent pas souvent. Pas parce qu’ils ont la vérité infuse. Mais parce qu’ils questionnent. Interroger est la seule attitude possible en création. Douter.

C’est pourquoi j’ai toujours défendu la nécessité de la critique. Même (et surtout) celle qui n’encense pas. Quand je travaillais pour Voir, c’était devenu une marotte. Il faut être critique. «Soyez réaliste, exigez l’impossible.», disait Guevara. Bin voilà. Exiger l’impossible en art quand grâce à l’art tout est possible, c’est un moteur qui ne peut être que particulièrement puissant.

Encore hier, j’avais cette correspondance avec un critique de théâtre montréalais… Comme je cherchais à le convaincre de venir voir Les Sens, du théâtre La Rubrique – où je travaille comme responsable des communications, pour ceux qui ne le sauraient pas – il m’a simplement répondu: «êtes-vous prêt à recevoir un véritable critique montréalais?». Il ne faut pas croire qu’il se prenait pour un autre. Mais il me signifiait que s’il venait jusqu’ici, il recevrait la pièce avec le même sérieux, et l’évaluerait avec les mêmes critères qu’une production montréalaise.

Eh bien, oui. Nous sommes prêts. Parce qu’avant tout, nous voulons avancer. Et je le répète – parce que je l’ai dit souvent lorsque j’étais chroniqueur -, les véritables critiques ne font pas peur, elles font avancer. Elles ne sont pas un mal. Elle sont juste nécessaires.

Il m’a dit qu’il viendrait. J’y croirai lorsque je l’aurai vu. Ce serait chouette, parce que ça fait un bout que je veux lui serrer la pince.

J’ai souvent été confronté à la critique populaire avec les chroniques que je signais pour Voir. C’était généralement une question de discours… Les idées se confrontent, elles existent pour ça. Depuis que j’ai commencé à publier des livres, les critiques se sont intéressés non seulement au fond, mais à la forme. Jusqu’ici, j’avais été choyé – je suis souvent bien plus sévère envers ce que j’écris que les critiques qui s’y sont penchés. Je ne crois pas que ce soit flagorneur… C’est surtout que les critiques lisent généralement une seule fois un livre (et encore) et que moi, mes livres, je les ai lus des dizaines, voire des centaines de fois – vous ne vous doutez pas de combien de fois j’ai pu lire Nos échoueries!

Récemment, j’ai goûté des critiques un peu plus roides, avec Vers-hurlements et barreaux de lit. Pas tant, juste un peu. Si Jean-François Crépeau (Le Canada Français) en a fait une lecture plutôt flatteuse – je ne dis pas qu’elle ne soit pas juste, mais que j’en suis flatté – Hugues Corriveau, du Devoir, même s’il souligne une flopée d’élément plutôt positifs, ne se gêne pas pour me rentrer dedans avec aplomb pour le titre de la plaquette, la présentant comme un «recueil dont le si mauvais titre à lui seul ferait fuir quiconque».

Vous savez quoi? Il est loin d’avoir tort. Je n’ai que des doutes pour ce titre depuis que j’ai publié ce recueil. Il est porteur de certains sens que je n’assume pas, rebute des lecteurs qui autrement auraient pu lire et apprécier le livre… Je suis d’accord avec Corriveau.

Les vrais critiques ne se trompent pas souvent. Pas parce qu’ils ont la vérité infuse. Mais parce qu’ils questionnent. Interroger est la seule attitude possible en création. Douter.

Et lorsqu’ils doutent, le plus souvent, c’est à propos de ces choses qui déjà nous ont fait douter.

Pour lire les critiques de Vers-hurlements et barreaux de lit:

CRÉPEAU, Jean-François, «J.-F. Caron et Louise Dupré: quand la poésie évoque l’enfance», in Le Canada Français, 6 janvier 2011. (Article entièrement disponible en suivant le lien)

CORRIVEAU, Hugues, «Poésie – Marie-Pierre Sirois et Jean-François Caron, de là où se vit le désir», in Le Devoir, 15 janvier 2011. (comme l’article n’est disponible que pour les abonnés, je le cite ici bas)

Extrait de l’article de Corriveau traitant de Vers-hurlements et barreaux de lit :

«Le coeur fragile

Périlleux projet que celui de témoigner de la maladie de son enfant dans un recueil de poésie! Projet risqué auquel s’est attaqué Jean-François Caron dans Vers-hurlements et barreaux de lit, recueil dont le si mauvais titre à lui seul ferait fuir quiconque. Mais voilà, le défi est relevé non sans grâce, puisque le poète sait traduire ses angoisses avec des mots tout aussi amoureux que percutants. Avant même que le fils naisse malade du coeur, il entendait le foetus bruyant, les battements fuyants de celui qu’il «connaissai[t] par coeur».

Ce livre appelle l’arsenal des onomatopées, des percussions sonores aptes à traduire un affolement d’amour. Devant l’enfant dans son bloc de verre, le père murmure: «ensemble debout dans le bip /des machines auxquelles tu es branché / ensemble debout qu’on se tienne debout /qu’on se tienne debout — tous les deux sur tes pieds». Le recueil est un appel à la vie, à la survie d’un être dont tout dépend.

Il ne fait aucun doute que le début de ce recueil touchera quiconque a vécu semblable angoisse de voir naître un enfant imparfait, quiconque craint que ne lui adviennent ce heurt et ce malheur. Et, comme pour dépasser ce trop-plein d’intimité, l’auteur dérive et en appelle à d’autres enfants démunis venus de lieux lointains, mais il fait aussi de son propre enfant à l’organe brisé l’image même de son pays sans véritable existence, toujours fragilisé de n’être pas encore et de tendre vers soi. Et, sous l’oeil blessé d’une Eugénie symbolique, le poète espère que son enfant guéri soit à l’image future d’une résurrection d’un autre ordre et qui chante la vie commune.»


Le Rouge et le Noir


Mon «conte de Noël», écrit pour l’émission La fin de semaine est à 7 heures, de Radio-Canada. Vous pouvez aussi entendre l’extrait avec accompagnement musical en cliquant sur le titre du texte.

Le Rouge et le Noir

Il y a le Rouge, celui qui prend toute la place, qui est sur toutes les affiches, dans toutes les publicités. Celui qui s’est vendu à Coke au début de sa carrière et qui depuis rougis toutes les boutiques dans le temps des Fêtes.

Mais il y a aussi le Noir, le discret, celui qu’on ne connaît pas, auquel on ne croit pas, duquel on ne parle pas. Un père noël pour adulte qui n’est pas là pour gâter. Qui ne tombe jamais dans l’excès, ne rencontre que ceux qui sont prêts.

Il ne donne pas des cadeaux chaque année. Il n’en donne qu’un seul, un grand. Qu’un présent.

Au dernier Noël. Un présent.

Blanche, cette année, l’a vu passer. Pas le Rouge. Le Noir.

Ce soir-là, comme tous les soirs. Éteindre la télé. Préparer le café pour le lendemain matin. Vérifier que la porte est verrouillée. Laver son visage, l’éponger, le crémer. Revêtir la chemise de nuit. S’étendre sur le lit. Éteindre la lampe, au chevet. Fermer les yeux. Penser à ceux qui sont venus avant. À ceux qui viennent encore. Attendre le sommeil.

Ce soir-là, comme tous les soirs, verser quelques larmes en pensant à celui qui est parti avant, parti trop tôt.

Et alors dans l’obscurité. Pas le Rouge, le Noir. C’était l’ombre de lui, près d’elle. Un bouleversement gris. La musique, la même qu’autrefois, résonnait encore dans l’appartement. Comme quand son homme maugréait sous sa moustache, un brin de malice dans l’œil, venait lui pincer le flanc pour la taquiner. «Toé pis ta musique classique dans le temps des Fêtes», qu’il disait, avant de se pencher sur elle pour la chatouiller d’un baiser. Ça ne voulait pas dire de faire le silence. Il aimait bien, au fond, cette étrange habitude. C’était sa coutume. Mais quand on vit ensemble depuis toujours, maugréer, c’est aussi se parler.

L’ombre s’est levée, une ombre devenue claire près de la fenêtre. L’ombre s’est levée, comme quand il voulait la laisser dormir mais ne trouvait pas le sommeil. Quand il levait le coude pour se calmer de lampées de brandy. Quand il grattait le givre contre la vitre, pour que ses yeux puissent mieux suivre les danseuses poudreuses sur la neige au-dehors.

Blanche est seule depuis plusieurs années. Il faut dire, les enfants et les petits enfants sont occupés. Ils ont les amis, les célébrations. Ils ont le Rouge à recevoir. Elle les voit passer, à l’occasion, les grands qui viennent raconter leur vie frénétique, les petits qui comblent l’espace du petit appartement par leurs jeux et leurs cris.

Elle se contente bien de leur passage furtif. Avec le temps, ces moments sont devenus rares, bien sûr, vous savez ce que c’est. Mais même rares, ils sont devenus plus fatigants. Blanche pince un sourire. Alors ils s’en vont.

Blanche n’avait jamais entendu parler du Noir. Pas plus que vous, ni moi. Parce que quand on est enfant, on croit au Rouge, puis un peu moins, puis plus du tout. Alors à la toute fin, on joue, même sans trop croire. Et on s’invente un Noir. Celui qui peut ramener son homme. Son regard perdu dans le paysage. Son bougonnage. Et sa moustache. Juste avant de s’endormir.

Blanche partira cette année. Puis, son petit-fils, le plus vieux, regrettera. Le temps perdu sans aller la voir.

Et sur les ondes de la radio d’état, il parlera d’elle, qu’il aimait tant.

Parlera de Blanche. Du Rouge. Et du Noir.

À lire et entendre aussi: J’ai écrit sur la carte: Blanche, un texte écrit et lu en ondes dans le cadre de l’émission Café, boulot, dodo, le 11 novembre dernier.


L’inquisitoire


Je réponds ici à quelques questions qui m’ont été posées dans le cadre d’une recherche pour un dossier dans une revue.

J’aimerais que tu me parles de l’inspiration qui se trouve derrière ce village, Ste-Euphrasie, que tu décris dans Nos Echoueries.

Pour toutes sortes de raisons, j’ai déménagé vraiment très souvent au cours de ma vie. Ça influence évidemment la perception que j’ai du paysage et le rapport que j’entretiens avec les lieux du quotidien. Je n’ai pas beaucoup d’attaches, ni de racines très profondes…

Dans mon parcours, il y a toutefois une parenthèse calme où j’ai vécu dans un petit village de bord de fleuve, Saint-André de Kamouraska. J’y ai passé quelques années en petit gars qui prend un peu plus de liberté  et de certitude sans toutefois perdre cette propension au rêve et au jeu qui caractérise l’enfance. Avec des amis, j’ai véritablement exploré les alentours, cartographié la montagne, les champs et les marais. Saint-André est un petit village, mais c’était un grand terrain de jeu.

Quand j’ai voulu écrire Nos échoueries, je ne voulais pas parler de moi – c’est une histoire qui n’a pas grand chose de biographique – mais je voulais qu’il y ait une vérité dans l’émotion. Alors j’ai fait l’exercice d’un retour aux sources en retournant à Saint-André. Et là-bas, j’ai eu la surprise de voir que la maison de mon enfance, de laquelle je rêve encore parfois la nuit, était à vendre. Je ne l’ai pas achetée, ni même revisitée, mais l’émotion était suffisante.

De fil en aiguille, l’histoire s’est nourrie de ce que j’ai retrouvé là-bas, et de ce qui s’est perdu depuis. De quelques faits divers, aussi. Dont l’incendie du vieux foyer qui avait laisser un trou immense dans le paysage et dans la communauté.

Sainte-Euphrasie de l’échouerie n’existe pas. Mais si on pouvait en prendre une photo, le village ressemblerait assez fidèlement à Saint-André – pour ce qui est du décor, des paysages, pas de l’histoire. Mais j’en ai fait ce que je voulais… J’étais plutôt dans un rapport poétique au paysage, vous en conviendrez. Je n’ai pas grand intérêt pour un quelconque réalisme.

Est-ce que tu te considères un auteur régional, ou est-ce que tu es fatigué que les médias utilisent ces termes, région, terroir, pour définir tout ce qui se passe hors des grands centres?

Mon décor est tapissé des plus beaux paysages – montagnes, rivières, il ne manque que le fleuve. Je suis un contemplatif (c’est d’ailleurs très évident à la lecture de mon roman). J’ai besoin d’être entouré par la beauté, ce que m’offre la région. Et rien ne m’empêche de faire quelque voyage culturel à Montréal quand l’envie me prend. Ce n’est pas la porte d’à côté, mais ça fait partie de la game.

À ma connaissance, on ne m’a jamais présenté comme un auteur régional. Et je ne suis pas certain que les termes région ou terroir s’appliquent à une oeuvre parce qu’elle a été écrite en région. C’est une question, il me semble, de thématique. J’ai choisi de parler de la dévitalisation des villages de bord de fleuve, une réalité toute régionale. En ce sens, si on me disait que mon roman en est un de terroir, ce ne serait absolument pas insultant pour moi. À condition qu’on s’entende que ça n’a rien à voir avec Trente Arpents, Le Survenant, etc. Je ne glorifie pas la campagne. Je la dépeins avec ses beautés et ses travers.

Est-ce que c’était important pour toi de publier à la Peuplade plutôt que, disons, chez Boréal ou alors Québec Amérique ou toutes autres maisons d’édition montréalaises?

C’est une histoire d’amour qui me lie à La Peuplade. Je suis effectivement tombé en amour avec cette maison qui prenait le parti de la liberté et de la poésie lorsque j’ai lu Ma guerre sera avec toi, de Mylène Bouchard. J’avais fait une chronique à ce sujet à l’époque.

La poussière est retombée, puis un jour, sur mon blogue personnel, j’avais glissé un mot sur un projet d’écriture en chantier. Simon-Philippe Turcot, qui me lisait régulièrement, m’a alors envoyé un courriel pour me faire part de son intérêt à lire ce que j’avais fait. J’ai terminé mon projet pendant un voyage à Lyon. C’était Des champs de mandragores.

J’ai beaucoup apprécié mon expérience d’édition avec La Peuplade, le discours de la maison d’édition, et l’ambiance familiale qui existe entre les auteurs et les éditeurs. J’ai aimé le fait de participer à un projet naissant aussi prometteur. Ça n’enlève rien aux grandes maisons d’édition. Mais quand est venu le temps de mettre sous pli le manuscrit de Nos échoueries, je n’ai pas pensé une seconde l’envoyer à une autre maison d’édition. Pour moi, c’était un roman qui devait trouver sa place dans le catalogue de la Peuplade.

Je n’ai pas d’entente d’exclusivité – j’ai d’ailleurs publié un recueil de poésie aux éditions Trois-Pistoles en septembre dernier, Vers-hurlements et barreaux de lit, dont le discours était plus proche de la ligne éditoriale de la maison de Victor-Lévy Beaulieu. Mais mon rapport avec La Peuplade demeure particulier.

Je n’ai pas seulement été édité à La Peuplade, je fais partie de la famille.

Quelles contraintes y a-t-il à écrire en région? Et avantages?

Je ne crois pas qu’il y ait de contraintes particulières. On peut écrire de partout. Ça me coûte juste un peu plus cher d’aller à la grande bibliothèque (BAnQ) pour faire mes recherches. Mais en même temps, quand j’y vais, c’est un voyage exclusivement pour ça. Ça se transforme généralement en une fin de semaine de recherche et création. C’est bon pour l’écriture.

Ta région t’inspire-t-elle des thèmes en lien avec elle?

Jusque là, c’est plutôt le bas du fleuve qui m’a inspiré. Mais actuellement, je jongle avec un texte qui pourrait être beaucoup plus urbain. J’ai envie de crasse, de suie, de béton et de bitume, de bruit, de frénésie. Mais le décor tarde à se fixer, contrairement à l’histoire. On verra.

D’un point de vue promotionnel, est-ce que tu arrives tout de même à tirer ton épingle du jeu, avec toute la couverture médiatique dont bénéficie les auteurs montréalais?

Je pourrais difficilement me plaindre. J’ai eu une belle couverture médiatique, à la fois dans les médias nationaux (Devoir, Presse, etc.), ainsi que dans les médias régionaux (dans la région de Saguenay, mais aussi dans le bas du fleuve où les gens ont accueilli mon livre de belle manière). Tout ça grâce au travail d’une maison d’édition installée à Chicoutimi qui assure une présence partout, mais aussi grâce à Dimedia qui croit à la Peuplade.

Puis, avec les moyens de communication que nous avons à notre disponibilité, plus rien n’est impossible, aujourd’hui.


Questionnaire de La Recrue


Je le disais dans un autre billet, le webzine larecrue.net m’a choisi comme recrue du mois d’octobre. J’ai donc dû répondre au questionnaire de la recrue, que je transcris ici.

1.  Avez-vous écrits d’autres types de textes avant de vous tourner vers le roman ?

J’ai aussi publié de la poésie. En 2006 paraissait Des champs de mandragores (aussi à la Peuplade). C’était un appel humaniste halluciné où je traitais des difficultés vécues dans le milieu de la culture ainsi que des lacunes démocratiques importantes symptomatiques du désintérêt populaire répandu… J’y faisais aussi un rapport entre la beauté esthétique et la laideur conventionnée, jouant de contrastes irréconciliables. Cette façon de chercher le beau là où personne ne l’attend plus fait d’ailleurs partie de ma démarche depuis ce temps.

Plus récemment, en septembre 2010, j’ai publié aux éditions Trois-Pistoles un nouveau recueil de poésie. Celui-ci est en quelque sorte une parenthèse dans ma production. J’ai choisi d’y faire un témoignage poétique à propos d’une expérience vécue – c’est le récit poétique d’un père qui se penche sur le corps malade de son fils, de la même façon qu’une génération de nationalistes de la première heure voit défaillir leur rêve d’avoir un pays. Du coup, j’en profite pour parler d’un nouvel eugénisme à repousser, celui de l’image de la perfection devenue une quête sociale de premier plan.

Enfin, j’ai été pendant cinq ans rédacteur en chef de Voir Saguenay – Alma, publication pour laquelle j’ai aussi agi comme chroniqueur pendant quatre ans. Ma chronique a d’ailleurs été pour moi un bel exercice de style. Si le choix du sujet a toujours été d’une grande importance, je me suis souvent amusé à jouer avec les mots, à introduire des séquences de narration, à expérimenter différentes stratégies rédactionnelles. L’intérêt n’était donc pas autant de dénoncer que de rendre esthétique le rapport à différentes problématiques culturelles, sociales ou politiques.

2.    Avez-vous un rituel d’écriture ?

Ce n’est pas un rituel au sens où on l’entend le plus souvent – je n’ai pas l’habitude de commencer mes journées par un marathon matinal d’écriture comme le fait par exemple Hervé Bouchard (Mailloux, Parents et amis sont invités à y assister, Harvey). J’admets toutefois qu’il m’arrive de profiter du calme de la fin de soirée pour prendre un verre de rouge et écrire quelques lignes, ne serait-ce que pour profiter d’un instant de bien-être dans le silence post-apocalyptique de la maisonnée, quand les garçons sont enfin couchés.

Ce qui se rapproche toutefois le plus d’un rituel dans ma pratique, c’est cette tendance que j’ai d’écrire à voix haute. C’est-à-dire que je narre à haute voix tout ce que j’écris, comme si j’en faisais lecture à quelqu’un, jusqu’à ce que j’arrive à me mettre le texte en bouche sans que la langue ne me fourche. Ainsi, pour Nos échoueries,  je peux affirmer avoir relu chaque passage et chaque chapitre une multitude de fois, au point où j’en sais quelques passages par cœur.

Cette pratique me permet d’avoir une trame narrative qui colle véritablement à mon souffle. Elle me vient de l’habitude que j’ai d’écrire en prévision de soirées de poésie et d’autres événements publics me demandant de prendre le micro. J’ai par exemple été membre pendant plusieurs années du mouvement saguenéen de création sous contraintes 3REG, qui exige la production bimensuelle d’un nouveau texte à présenter en public. Ce fut une école remarquable. Je participe aussi régulièrement à des événements comme les soirées des Poèmes animés (des événements plutôt «trash», contrairement à ce que laisse penser leur intitulé bon enfant) ainsi que les Nuittes de poésie au Saguenay.

3.    Quel serait, pour vous, le point de départ de l’écriture (une anecdote, un personnage, un thème, une thèse, etc.) ?

À la source de Nos échoueries… Un jour, j’ai découvert dans les documents de mon beau-père un tapuscrit datant de plusieurs années… Mon beau-père avait travaillé plusieurs années dans un foyer de personnes âgées. Un jour, un vieil homme bénéficiant de ses services lui a demandé s’il voulait faire avec lui le tour de la Gaspésie – ce qu’il tenait à faire avant de mourir. Mon beau-père a pris congé et l’a emmené avec lui. Tout au long du voyage, le vieil homme a pris des notes, qu’il a ensuite tapées à la machine – pour la postérité! Si le document en question n’avait pas de valeur littéraire remarquable, il demeurait pour moi l’important symptôme d’un désir de transmission qui serait très riche en inspiration. Le vieil homme est devenu Pierre Saint-Pierre, que le personnage principal de mon roman voudra faire voyager… d’une façon toute différente.

Plusieurs anecdotes ou faits divers viennent nourrir mon travail de rédaction. Toutefois, comme pour l’exemple de la création de Pierre Saint-Pierre, ils ne se retrouvent pas tel quel dans mon texte. Dans tous les cas, je refuse de me soumettre au réel. S’il y a une chose qu’il faut préserver dans l’écriture de fiction, c’est bien la liberté qu’elle nous permet.

4.    Comment entrevoyez-vous la tension entre forme et fond ? Vous êtes plutôt préoccupé par le style ou par le propos ?

On dit que Nos échoueries est un roman poétique. Pourtant, j’avais surtout envie de raconter des histoires. Ce n’est pas que je veuille renier l’aspect poétique de ce que j’écris. Je jette sans aucun doute un regard poétique sur ce qui m’entoure. Mais ce n’est pas un objectif.

Dans La fin de l’homme, Daniel Bélanger a chanté « La poésie est là tout autour/fragile, fragile, eh puis c’est fini/ la beauté dispose et n’a besoin de personne ». C’est ça. La poésie est là, je n’ai pas l’impression de l’inventer. Je la lis dans ce que je vis, dans ce dont je parle, dans ce que je raconte. Elle s’impose.

5.    Quelle importance accordez-vous au narrateur et à la forme narrative ? Ils allaient de soi ou résultent d’une recherche ?

Dans Nos échoueries, la narration a ceci de particulier que le personnage principal s’adresse, par l’intermédiaire de la deuxième personne, à la femme qu’il a laissée derrière lui pour retourner dans son village natal. Il s’agit donc d’une deuxième personne hallucinée, puisque la femme à qui il s’adresse n’est pas véritablement présente avec lui. Il lui parle comme on se parle à soi-même, dans un rapport méditatif à la vie.

Cette pratique narrative n’est évidemment pas fortuite. Il faut dire que j’ai fait une maîtrise en études et création littéraires à l’Université du Québec à Chicoutimi, et mon mémoire portait justement sur la portée identitaire de l’utilisation de la deuxième personne en narration. J’ai donc expérimenté cette pratique pendant quelques années… Et elle demeure présente même aujourd’hui dans ce que j’écris.

6.    Quand vous êtes dans une période de doute qui paralyse votre rituel d’écriture, que faites-vous pour favoriser le démarrage ?

J’ai souvent besoin du paysage. Pas pour écrire ce paysage, mais pour me sentir assez bien pour écrire. Je suis plutôt du genre contemplatif – j’imagine que ce doit être évident avec ce que j’écris. Tout ça pour dire que, quand vraiment j’en ai besoin, je retourne passer un moment au bord du fleuve, question de me ressourcer. Mais alors, j’ai toujours le fleuve de travers dans la gorge pendant quelques semaines…

7.    Outre la littérature, quelles autres formes artistiques vous intéressent?

J’ai des intérêts très variés. Le travail que j’ai effectué comme rédacteur en chef de Voir Saguenay – Alma m’obligeait à une grande polyvalence (qu’on parle de théâtre, de littérature, de musique actuelle ou d’arts visuels). J’ai aussi abordé les arts contemporains et la performance artistique pour d’autres publications  (par exemple Vie des arts et Le Sabord). Pour moi, il faut non seulement lire pour écrire, mais aussi être confronté à différentes pratiques artistiques choquantes ou bouleversantes. Je déteste le confort. Pour chaque pas qu’on fait, il faut ce moment de déstabilisation…

8.    Avez-vous fait lire votre manuscrit à des proches avant sa publication ? Vous inquiétez-vous de leur regard sur votre œuvre ?

J’ai effectivement fait lire Nos échoueries à un cercle de lecteurs proches avant de le faire parvenir à la Peuplade. J’avais choisi trois personnes en fonction du propos du roman, mais aussi selon leur capacité de réfléchir au-delà de ce que j’ai écrit. Je devais aussi avoir la certitude qu’ils sauraient être critiques, qu’ils se sentiraient capables de me faire des commentaires constructifs. C’est souvent le plus difficile : savoir être critique. Je ne me suis pas trompé car l’expérience a été particulièrement riche pour moi. Je n’hésiterais pas à leur faire confiance à nouveau.

9.    Êtes-vous un inconditionnel du papier ? Comment percevez-vous l’arrivée du livre électronique ?

Je ne doute absolument pas que le livre électronique s’accaparera une partie grandissante du marché du livre. Je lis moi-même à l’écran régulièrement, et l’idée de me procurer une liseuse me traverse régulièrement l’esprit. Toutefois, j’aurai toujours un intérêt particulier pour le livre traditionnel – à condition que les maisons d’édition en prennent soin.

À la Peuplade, les auteurs ont la chance de collaborer avec des artistes en arts visuels faisant leur propre lecture du manuscrit pour proposer des œuvres qui, tout en respectant leur démarche, amèneront une autre couche de sens au manuscrit. C’est une prise de position éditoriale qui rend les ouvrages de la Peuplade reconnaissables entre tous. Une pratique qui m’a toujours plu, même bien avant que je n’imagine être publié à la Peuplade.

Pour Nos échoueries, c’est un artiste originaire de Sayabec, Simon-Pier Lemelin, qui a signé la couverture. Quant à Des champs de mandragores, on trouve sur sa couverture (en première et en quatrième) deux œuvres du peintre almatois Julien Boily.

10.    Y a-t-il une citation que vous pourriez considérer être votre maxime? Quel conseil donneriez-vous à ceux qui ont l’ambition d’écrire et aimeraient être publiés ?

«Chaque histoire a sa langue propre. Le grand défi, quand on en commence une, c’est de trouver la bonne voix pour raconter. Le bon langage. Tant de choses en dépendent. Il faut que le lecteur y croie, c’est la première condition. Quoi qu’on raconte, il faut que le lecteur y croie. Il faut que ce soit vrai. Cela n’a rien à voir avec la réalité, pas du tout. Ce n’est qu’une question de langage. Toute la vérité d’une histoire se trouve dans les mots que l’auteur emploie pour la raconter.»
 (Marie-Christine Bernard, in Mademoiselle Personne)


La recrue du mois


Ça me fait tout drôle de vous dire ça, mais je suis actuellement La recrue du mois. Ce que ça signifie, c’est que le webzine www.larecrue.net, qui choisit mensuellement un jeune auteur comme tête d’affiche, a décidé de s’intéresser à Nos échoueries.

On  trouve entre autres dans le webzine:


Ma carte blanche à Radio-Canada


J’ai été invité ce matin à la radio de Radio-Canada pour une carte blanche. J’avoue que je ne savais pas trop dans quoi me lancer encore hier soir. J’avais commencé par écrire un texte – que je n’ai finalement pas lu. Parce que j’ai plutôt choisi de parler de l’écriture sous contrainte.

On peut entendre la carte blanche ici.

Pour les curieux, le texte que j’avais commencé à écrire – et qui mériterait certainement encore du travail. J’en avais commencé l’écriture en m’imposant comme contrainte les mots «carte blanche». Ça allait comme suit:

@font-face { font-family: "Arial";}@font-face { font-family: "Courier New";}@font-face { font-family: "Wingdings";}p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: Arial; }p.MsoBodyText, li.MsoBodyText, div.MsoBodyText { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; text-align: justify; line-height: 150%; font-size: 11pt; font-family: Arial; }div.Section1 { page: Section1; }ol { margin-bottom: 0cm; }ul { margin-bottom: 0cm; }

«J’ai d’abord écrit sur la carte : Blanche. Je ne savais trop ce que j’avais envie de lui dire.
Je suis allé en ville. À la tabagie. Et j’ai choisi une carte postale. J’ai pris mon temps pour choisir. Pas de petit chien. Pas d’enfant dessinant en couleur dans un univers en noir et blanc. Pas de singe se grattant le popotin. Il fallait quelque chose de sincère.
Puis j’ai trouvé. C’est le Lac. Pas n’importe quel. Son Lac. Quand je regarde le rectangle de paysage que je pince entre mes doigts, j’ai cette drôle d’impression. D’être au chalet. Au chalet de ma grand-mère. Au chalet de Blanche. 
Alors voilà. J’ai cette carte postale sur laquelle j’ai d’abord écrit Blanche. Puis, j’ai déposé mon stylo. Quand on est soi-même en voyage, on a toujours trop de choses à écrire. Mais cette fois, ce n’est pas moi qui suis parti. C’est elle. C’est Blanche.
J’écrirai que je l’ai aimée toute ma vie. Que j’aurais dû aller la voir plus souvent, que je n’avais aucune excuse de ne pas l’avoir fait. Que ses conseils, ses colères, même, me manqueront.
Puis, j’épinglerai la carte sur le mur du salon, près de la fenêtre.

Là où elle se trouve, Blanche n’a plus d’adresse.»


Retour sur le Salon du Saguenay – Lac-Saint-Jean


Je n’ai même pas eu le temps de revenir sur mon expérience au Salon du livre du Saguenay – Lac-Saint-Jean, qui fut belle, pour l’essentiel. Bien sûr, je ne me suis pas bien entendu avec tous les auteurs que j’ai rencontrés. Il y en a quelques uns qui peuvent se féliciter d’avoir attendu que je n’aie plus de chronique pour me rencontrer. Parce qu’avec les âneries que j’ai entendues, ils auraient sans doute fait la manchette. 
Mais surtout, ce que je retiens, c’est la félicité des courts moments que j’ai partagés avec certains lecteurs. Quelques uns qui m’avaient déjà lu. Ceux qui étaient déçus que je ne sois plus chroniqueur. Ceux qui étaient emballés d’avoir lu Nos échoueries. Ceux qui avaient entendu parler de Vers-hurlements et barreaux de lit à la télé (j’ai accordé des entrevues à Vox et à TVDL) ou qui avaient lu un article au sujet de mon dernier né dans le Réveil
C’est toujours extraordinaire de rencontrer. 
Je remets ça dès cette semaine, au Salon du livre de la Péninsule acadienne. Dès jeudi, j’irai présenter Nos échoueries dans un décor de bord de mer. Où les gens ont de l’eau salée dans les veines.  Et pas que dans les yeux.

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