Je viens de saisir quelque chose. M’en souvenir.
Souvent, on m’interroge à propos de la présence de la poésie dans ce que j’écris. Chaque fois, je réponds que je ne cherche pas à écrire de la poésie, que ça vient comme ça. Et c’est vrai. Écrire me semble indissociable d’écrire comme ça.
Cela dit, il y a autre chose que je n’arrivais jamais à expliquer… Car il est vrai qu’il y a dans ce que je fais un travail poétique. Jamais je n’ai dit que Nos échoueries s’était écrit tout seul. Il est vrai que je veux écrire ainsi. Que l’image soit forte, si je réussis. Que l’émotion émane du mot, déjà. Que le texte soit chargé de sens, mais aussi surchargé, amplifié. J’en prends d’ailleurs conscience dans le travail de mon nouveau roman. Les premières ébauches, mêmes retravaillées, manquent de ces couches qui me rendent l’écrit intéressant.
Mais pourquoi est-ce si important? Ne pourrais-je pas me contenter d’écrire des histoires simplement lisibles?
Le motif? Quel est mon motif?

Voilà ce que je crois avoir compris. J’ai compris que le moteur de mon travail est le refus du banal. Qu’une phrase ne peut pas être là simplement pour être là, ou alors pour être utile. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’écrire des dialogues me pue au nez. Parce que ceux que j’écris me choquent par leur banalité. Et parce qu’il me semble toujours plus juste de faire comprendre les choses autrement.



