Les distorsions de mémoire résultent de la combinaison erronée d’informations anciennes (correspondant à des faits réels) et d’informations nouvelles, soit spontanément acquises, soit suggérées par quelqu’un d’autre. (Tout sur la mémoire, Bernard Croisile, p. 355)
Voilà le jeu que je me propose de jouer dans l’écriture de mon nouveau roman. Celui de la mémoire détournée/qui se détourne. Réconcilier réel et fiction, non seulement en croisant des faits historiques et issus de l’imaginaire (comme pour n’importe quel roman), mais en mettant en scène un tel métissage, l’incarnant dans un personnage pour qui le rapport à la mémoire est fragile et incertain. Sont particulièrement intéressants les phénomènes de la suggestibilité (trace perceptive déformée) et du faux souvenir (trace perceptive créée) tels que présentés par Croisile.
La question demeurera: celle de la vérité. Qu’est-ce qui sera vrai/imaginé/transformé? Au final, pourrons-nous l’établir?
Le danger auquel je m’expose: comment faire prendre conscience au lecteur de cette incertitude? Comment le faire douter, sans le trahir, mais surtout, sans imposer cette incertitude comme une vérité immuable, comme une certitude, justement…
L’histoire se pose doucement. Les moyens narratifs sont encore à découvrir. Ça viendra.




