J’ai eu une drôle de surprise dimanche matin. Debout dans le cadre de porte, on venait d’arriver… Le manteau sur le dos, les enfants qui courent et qui crient alors que Soupir, ma chienne surexcitée, demandait toute l’attention du monde.
C’était le bon moment pour que le téléphone se mette à sonner. Au bout du fil… Victor Lévy Beaulieu, s’excusant de me déranger par un dimanche matin. Il voulait me dire qu’un manuscrit que je lui avais envoyé il y a quelques mois méritait d’être publié. Que si je le voulais bien, il m’envoyait un contrat d’édition et quelques suggestions de corrections.
Je ne savais pas que VLB avait une si belle voix.
Si je le voulais bien. Évidemment que je le voulais.
C’est un manuscrit qu’une autre maison d’édition avait mis de côté pour toutes sortes de raisons pratiques. Je l’ai alors laissé dormir quelques semaines, puis retravaillé, retravaillé encore. Il y avait là quelque chose, sans doute. Mais il fallait plus. Puis, un soir que je venais de le relire, y apportant encore quelques corrections, j’ai eu quelque chose comme une révélation. Si cet objet venait à naître, avec tout ce que j’y avais ajouté, il fallait qu’il soit enfanté par les éditions Trois-Pistoles, de Victor-Lévy Beaulieu. J’ai su que j’aurais beau frappé à toutes les portes, si celle-là ne s’ouvrait pas, aucune ne le ferait.
Aussitôt pensé, aussitôt fait. J’ai préparé mon envoi dans la nuit, biographie, lettre de motivation, tout le tralala, et j’ai cacheté le tout avant de me coucher. Le lendemain matin, après être allé porter le plus jeune à la garderie, je suis allé illico porter le colis. Si ça ne partait pas immédiatement, ça ne partirait sans doute jamais. C’était en mai dernier. J’ai patienté jusqu’à me dire que je n’aurais jamais de nouvelles, puis il y a eu cet incendie pour sceller l’espoir. L’idée avait fait son temps. Mais voilà, il semble que je ne m’étais pas trompé.
En plus de mon roman qui sera publié à la fin de mars à La Peuplade (Une porte au bord du monde) j’aurai donc aussi un recueil de poésie publié en septembre prochain aux éditions Trois-Pistoles, en pleine rentrée littéraire (jusqu’ici intitulé Vers-hurlements et barreaux de lit, mais le titre est à confirmer). C’est un recueil qui fait le parallèle entre la façon dont j’ai vécu l’opération de mon plus jeune et mes préoccupations sociales et nationales, écorchant au passage le nouvel eugénisme de nos sociétés occidentales… Quelque chose de très personnel, mais à la fois très engagé.
D’ici là, beaucoup de boulot. Les dernières retouches au roman, dont les dernières suggestions de mon éditeur devraient me parvenir bientôt, et les corrections à apporter au recueil. Et reprendre l’écriture, sérieusement. Parce que j’en ai envie.




