Archives Mensuelles: octobre 2009

Citation: l’écrivain selon Karl Kraus


Toujours m’en souvenir:

« Il y a deux sortes d’écrivains. Ceux qui le sont, et ceux qui ne le sont pas. Chez les premiers, le fond et la forme sont ensemble comme l’âme et le corps; chez les seconds, le fond et la forme vont ensemble comme le corps et l’habit.»
Karl Kraus, Aphorismes.


Besoin de présent


J’ai environ 35 pages de ce qui sera peut-être effectivement un nouveau roman. En attendant, j’ai un problème de temps de verbe. J’ai besoin de plus de présent… Et bordel, mon personnage refuse catégoriquement de vivre, préférant raconter un avant qui m’intéresse mais en même temps m’exaspère… Je n’arrive pas à le poser dans un maintenant. C’est comme s’il me fuyait toujours un peu plus: je ne sais pas où il est, mais ça doit pas être évident. Parce qu’il n’arrête pas de me raconter un avant, et ça me tombe royalement sur les nerfs. Je n’ose pas penser ce que ce serait pour un lecteur.

Faudra retravailler, beaucoup, encore une fois. En attendant, je laisse venir, je le laisse se raconter, se faire une vie. Peut-être qu’au fond il ne me restera qu’une quinzaine de pages sur la trentaine que je crois avoir.

On verra.


Apprendre de l’erreur



Belle expérience que ma lecture d’un extrait de Du silence et des oiseaux moqueurs à la Nuit de la culture. Devant des gens complètement inconnus – ou vaguement entrevus. Toutefois, je n’ai pas l’habitude de lire dans cette situation, sans animateur pour m’introduire et pour refermer la porte derrière moi, sans un chapelet d’auteurs avant et après… Et sans doute, ça aura paru. Après le texte, il me semblait qu’il n’y avait plus rien à dire. Or c’était faux. Il y avait tous ces gens attentifs à saluer, et à remercier. Et je ne l’ai pas fait. J’en suis encore déconfit.

J’aurais dû, aussi, en avoir plus à lire. Juste au cas. Je me suis trouvé dépourvu devant l’insistance de quelques personnes dans l’auditoire qui auraient voulu entendre autre chose. J’y travaillerai.

J’y travaillera.

Une prochaine fois, je saurai peut-être faire mieux. En attendant, j’ai beaucoup aimé l’expérience – malgré tout. La réaction de l’auditoire m’a fait du bien – me voilà plus sûr de mon texte, c’est déjà ça. Mais surtout, j’ai beaucoup aimé rencontrer ces gens qui sont venus me voir ensuite, qui ont tenu à me serrer la main, qui sont revenus sur ce que j’avais lu. Qui m’ont reparlé de Pierre Saint-Pierre…

Vous m’avez redonné encore un peu plus le goût d’écrire. Enfin, demain, je donne du leste, et je replonge dans ce nouveau roman, cette nouvelle histoire, avec ces nouveaux personnages qui veulent vivre, qui veulent survivre. Simplement, merci.


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