Archives Mensuelles: septembre 2009

Nuit de la culture au Saguenay: lecture publique


On m’a invité aujourd’hui à me joindre à la fête. Je ferai une brève apparition au grand événement de la Nuit de la culture au Saguenay, qui se tiendra demain, le 25 septembre. Je ferai la lecture d’un extrait de mon roman à paraître au printemps, aux éditions La Peuplade, intitulé Du silence et des oiseaux moqueurs.

C’est toujours pour moi un moment fort intense que celui d’une lecture publique. Je deviens alors le frisson qui se glisse dans le contact entre le texte et le public – c’est comme ça que je le sens. Je fais partie de la caresse. Or, généralement, je fais ces lectures devant un public avisé. Des gens qui savent à quoi s’attendre, depuis le temps. Qui m’ont vu aller. Depuis le temps.

Mais cette fois.

Cette fois ce sera un vrai public, un public vierge, qui ne m’a jamais entendu, qui n’aura lu, peut-être, que ce que j’écris dans le journal. Ce sera des oreilles tendues à moitié, peut-être, des conversations chuchotées en fond de salle, le froissement des tissus et la friction des corps, les portes qui s’ouvrent et se referment, des yeux qui s’écarquillent – si je suis chanceux -, mais des bouches qui bâillent, aussi.

Comme toute nouvelle rencontre, c’est franchement stimulant. Je me sens comme un type qui vient de voir apparaître une jolie rousse au coin d’un bar. Et qui a résolument pris la décision d’aller lui parler.

Il ne l’a pas fait encore.

Il ne sait pas comment il y arrivera.

Il ne sait pas même ce qu’il lui dira.

Il ne sait certainement pas comment elle réagira.

Mais il ne s’est jamais senti aussi bien que depuis qu’il a décidé d’aller la rejoindre, de poser le coude près d’elle sur le comptoir, la fesse sur le tabouret d’à côté, et de lui parler. Si elle veut de lui, ce sera pour lui-même. Parce qu’il se présentera comme il est, authentique, sincère… et fragile.

J’ai hâte à demain. Hâte de donner une voix à Pierre Saint-Pierre, de donner un écho à Sainte-Euphrasie, de faire vivre Du silence et des oiseaux moqueurs. Et ça ne fait que commencer…


Pour ceux qui voudraient venir faire leur tour… Je serai à la bibliothèque publique de Chicoutimi le 25 septembre, entre 19h45 et 20h30. Je serai heureux de vous y voir!


Du silence et des oiseaux moqueurs


Petite discussion avec mon éditeur, il y a une minute. La Peuplade éditera bel et bien mon premier roman (avec enthousiasme, si j’en crois le ton de Simon-Philippe) au printemps 2010. Ça nous laissera quelques mois pour retravailler quelques détails et en faire une oeuvre qui sera présentable.
La plaquette s’intitule pour l’heure Du silence et des oiseaux moqueurs. À suivre…


Et si le poète ne pouvait penser…


Le poète ne doit que chanter, il n’a qu’à revêtir de langage la pensée des autres, il n’a, en propre, rien à dire: son seul objet est de donner à des contenus moralement quelconques, ou encore indifférents, une expression poétique. La seule chose qu’il apporte en propre, c’est le pouvoir de sentir et plus profondément que les autres, ce que les autres pensent seulement, ou d’ajouter aux choses simplement «pensées» un peu de couleur, un peu de douleur, un peu de joie.

Source: Baudelaire et l’expérience du gouffre, par Benjamin Fondane, préface de Patrice Beray, Éditions Complexe, p. 298.

MAIS:

Quand on parle de la poésie, on évite toujours sa définition. Quand on parle de la poésie, on évite toujours de se souvenir qu’elle est faite par quelqu’un. Comment alors n’aurait-il pas quelque chose à dire?

Même source, p. 299.


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