Archives Mensuelles: juin 2009

160 pages à effeuiller


D’ici deux heures, mes valises seront faites. De retour seulement samedi midi. Un autre de ces petits détours utiles à la création. D’abord, j’irai seul à une soirée de performance à Québec, puis rendez-vous chez le médecin en début de PM. Enfin, ET SURTOUT, j’investis la nouvelle petite maison de mon troisième et dernier «premier lecteur». Belle soirée en perspective, quelques bières à boire, et 160 pages à effeuiller comme une catin pour se sentir excité ou pour trouver ses petits défauts… 160 pages à barbouiller, réécrire. 
Les commentaires des deux premiers lecteurs m’ont mené sur des pistes fort intéressantes, plusieurs corrections ont été apportées, et je suis de plus en plus proche de la satisfaction… Je trépigne d’impatience. Très, très hâte! Et qui sait, peut-être pourrez-vous aussi le lire…


Cercle de lecteurs: une première expérience très riche


Grace à Skype, j’ai pu avoir une petite réunion avec deux membres de mon cercle de lecteurs, cette semaine. L’exercice a été plutôt concluant. Comme je le craignais, et comme il le craignait lui aussi, mon ami J., qui me connaît beaucoup et connaît mes références, a eu beaucoup de difficulté à se détacher du réel. Il cherchait à reconnaître les personnages, les lieux, soulignait les clins d’oeil que je faisais à l’une ou l’autre des expériences que nous avons partagées naguère. Ce n’est évidemment pas autobiographique, mais on ne se sort pas de ce qu’on connaît. Bruno Roy m’a dit un jour «Il faut dire Je. Ça ne peut être autrement.» À ce moment-là, j’étais fort sur la narration à la deuxième personne, et je m’étais un peu obstiné. Il m’avait servi un sourire et un regard presque paternel, et m’avait expliqué son point de vue. Aujourd’hui, je crois que ce n’était pas qu’une question de pronom…
Donc, mon ami J. m’a donné sa compréhension du livre, soulignant quelques points intéressants sur les plans historique et patrimonial, mais c’est surtout sa conjointe, B., qui, grâce à son détachement, a soulevé les points les plus pertinents, littérairement parlant. Par exemple, un personnage dont quelque action ne correspond pas à la personnalité… Un chapitre, aussi, dont les métaphores partent trop dans tous les sens. Je ne l’avais pas vu comme ça, mais c’est vrai. (C’est justement l’utilité d’avoir un premier cercle de lectures…) Et bien d’autres choses aussi. 
J’avoue avoir été flatté, aussi. B. est une grande lectrice, et elle m’a mentionné avoir été surprise qu’un jeune auteur comme moi ait déjà un style aussi affirmé. C’était sans doute le plus beau commentaire qu’on pouvait me faire pour me rassurer pour la suite des choses. Tiens, j’en ai encore un frisson.
En tout cas, la chance que j’ai eue d’avoir à l’écran deux lecteurs en même temps m’a permis de voir se confronter, à quelques reprises, deux compréhensions de mon récit. Ceux qui m’ont déjà entendu lire mes textes en public – ou qui ont lu Des champs de mandragores – savent que je n’aime pas enfermer le sens. Mais cultiver l’équivoque demande une juste mesure, et leur intervention (celle de J. et B.) m’aura fait voir des passages qui devront peut-être être resserrés sur le plan du sens. Et d’autres passages où j’ai parfaitement réussi mon effet – i.e. que l’un avait compris A, l’autre avait compris Z, et c’est justement sur les pistes de A et Z que je voulais attirer le lecteur… J’étais particulièrement satisfait de cela.
Je travaillerai donc ces points majeurs dont nous avons parlé pendant la fin de semaine. J’espérais recevoir leur manuscrit annoté aujourd’hui pour pouvoir pousser plus loin mon travail ce week-end, mais il semble que je devrai attendre. Pas grave, de toute façon je dois encore rencontrer P.O. avant de finaliser mes corrections et ajustements. Et de toute façon, nous avons, semble-t-il, réussi à parler de l’essentiel de leurs commentaires, le reste étant des points plus ponctuels. J’ai pris beaucoup de notes pendant notre discussion. J’ai déjà du boulot pour bien plus que le temps que je n’en aurai…
Ce premier cercle de lecteurs est donc une expérience qui aura été d’une indéniable efficacité. Beaucoup de boulot encore – je m’y attendais. Rien n’est parfait dans ce monde. Mais l’assurance de n’être pas le seul à apprécier mon récit.

Un point final



Trois semaines pour mettre un point final à mon roman. La Peuplade l’attend pour porter son jugement, mon cercle de premiers lecteurs juge pendant que j’attends…

Je crois que je me suis trouvé un vieux chalet à occuper le temps d’une soirée et d’une matinée, en fin de semaine prochaine… Je me croise les doigts. Ça me permettrait de retravailler mon texte une dernière fois avant de le faire parvenir à mon éditeur. J’avoue que je suis particulièrement secoué à l’idée que… ça passera ou ça cassera. Moi j’aime bien, mais ça ne signifie pas que ce soit publiable.
Advienne que pourra. Je verrai bien ce qui en est au cours des prochaines semaines. Croisez-vous les doigts avec moi.

Du début de l’oeuvre écrite, Roland Barthes


« L’oeuvre s’écrit en cherchant l’oeuvre, et c’est lorsqu’elle commence fictivement qu’elle est terminée pratiquement. » 

Roland Barthes, dans la préface aux Essais critiques.


Redébut


J’aurai finalement écrit dix pages aujourd’hui! Chouette! Et ça tient la route! C’est r’parti comme en quarante!!!


De l’affirmation «je suis enceinte du deuxième»


Ça y est. Après m’être morfondu sans pouvoir rien écrire pendant que mon roman était sous la loupe de mon cercle de lecture, j’ai enfin réussi à pondre quelques pages. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, l’histoire était là, mais je n’arrivais pas à me lancer. Quelques infructueuses tentatives qui ne menaient nulle part. Des variations sur un même texte que j’avais commencé jadis et que j’avais dû mettre de côté pour écrire mon mémoire de maîtrise. Mais je collais trop à ce premier texte. Il fallait m’en libérer pour mieux le rejoindre.

Cette fois, par contre, ça y est. Je le sens, vivement.
Toutes les pièces du puzzle se sont dessinées dans ma tête. Je tiens l’histoire, j’ai le ton, je connais la structure. Maintenant que je suis en maîtrise de mes moyens, je vais pouvoir donner suite au projet. J’espère juste que mon premier roman passera la rampe, du moins sur le plan du style, parce qu’autrement, le deuxième avortera. Je me croise les doigts…
Voir gueulart.blogspot.com pour la source de la photo.

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