Archives Mensuelles: février 2009

L’essence à fleur d’eau


Revenir à l’essence de cet homme. À son coeur. Ce n’était pas la Gaspésie. C’était le besoin de vivre une expérience. De la noter. D’en garder les traces. Pour la postérité.
C’était le besoin de transmettre. D’être de l’histoire.
Revenir aussi à l’essence du lieu. Nul besoin de faire tous ces kilomètres. Il suffit de regarder au large pour trouver la réponse. De regarder au large avec lui.


Au-delà de la volonté de l’auteur


Je suis anéanti.

Ça doit faire deux ans que j’ai ce personnage en tête. Ce vieux Saint-Pierre qui veut faire le tour de la Gaspésie. Un vrai bonhomme, qui a existé, avec lequel mon père a fait ledit voyage, et qui a tout noté, les heures, la température, les serveuses, les Gaspésiens, tout.

J’ai cette envie de le faire vivre dans mon roman, de lui donner une voix. Mais il se tait, reste complètement muet. Enfin, quatre ou cinq pages, la rencontre se produit. Mais ce matin, je tombe sur ce film, La Brunante

C’est l’histoire d’une vieille femme, atteinte d’Alzheimer, qui convainc une jeune chanteuse de la mener… en Gaspésie. On voit même quelques scènes filmées au Mont Saint-Pierre, en Gaspésie.
Fuck off. Je déteste quand ça arrive. Je sais que j’arriverais à l’écrire autrement. Que j’irais chercher autre chose. Mais ces coïncidences sont tellement démotivantes.

Mais voilà. C’est comme ça qu’évolue un roman au-delà de la volonté de son auteur. Je ne sais foutrement plus ce qui arrivera de ce personnage. Il est là, il veut vivre, il fait partie du décor, déjà, il est ineffacable, parmi les intouchables…

Et sans doute a-t-il quelque chose à apporter… Mais quoi, bordel?!!


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